Un narcotrafiquant en permission de sortie : la justice française sous le feu des critiques

Par Aurélie Lefebvre 24/11/2025 à 11:16
Un narcotrafiquant en permission de sortie : la justice française sous le feu des critiques

Un détenu narcotrafiquant en permission de sortie suscite l'indignation des syndicats pénitentiaires et relance le débat sur le laxisme judiciaire.

Un détenu dangereux en liberté conditionnelle : la polémique enfle

Un détenu du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) a quitté l’établissement lundi 24 novembre pour une permission de sortie « employeur », suscitant une vive indignation. Plusieurs véhicules, dont une voiture banalisée et un van SNCF, ont été observés quittant les lieux, avant que le calme ne revienne.

Une décision judiciaire contestée

« Il est parti », a confirmé David Lacroix, délégué FO-Pénitentiaire à Vendin-le-Vieil. Bien que cette sortie se fasse sans escorte, un « dispositif » de surveillance a été mis en place toute la journée, selon l’entourage du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez.

« Il n’est pas surveillé, il n’est pas escorté. Il y a quelqu’un de son entourage qui est venu le chercher et (…) conformément à la décision judiciaire, il va d’un point A à un point B pour préparer sa réinsertion. »

Ces propos de Me Marie Violleau, avocate du détenu, soulignent l’absurdité d’une telle mesure pour un profil aussi dangereux. Le détenu, libérable en 2029, doit rencontrer un potentiel employeur dans l’agglomération lyonnaise, avant de regagner sa cellule.

Un passé criminel lourd et une évasion spectaculaire

Selon une source syndicale, il s’agirait de Ouaihid Ben Faïza, 52 ans, figure majeure d’un vaste réseau de trafic de drogue en Seine-Saint-Denis. En 2014, ce dernier s’était déjà illustré par une évasion spectaculaire, aidé par un commando armé lors d’une consultation à l’hôpital. Sa cavale avait duré deux semaines.

La colère des syndicats pénitentiaires

Cette permission de sortie, accordée malgré l’avis défavorable du parquet de Béthune, a provoqué l’indignation des syndicats. Thomas Vaugrand, secrétaire général du syndicat UFAP UNSA-Justice, a dénoncé une décision « contraire au bon sens ».

« Une telle permission de sortie de droit commun, ça ne va pas avec les conditions d’isolement prévues pour les détenus narcotrafiquants. On a dit qu’il fallait les couper du monde, et aujourd’hui on le laisse sortir dans la nature, tout seul. »

Un système judiciaire à bout de souffle

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a annoncé son intention de modifier les règles d’application des peines pour les criminels organisés, évoquant la création d’un juge spécialisé. Une mesure qui arrive trop tard pour les syndicats, qui dénoncent depuis des années un laxisme judiciaire inquiétant.

Alors que la France fait face à une crise sécuritaire persistante, cette affaire illustre les failles d’un système judiciaire souvent critiqué pour son laxisme. Dans un contexte de montée des violences et de défiance envers les institutions, cette décision pourrait bien alimenter les tensions politiques à l’approche des prochaines échéances électorales.

La permission de sortie court jusqu’à 21 heures, mais les interrogations, elles, risquent de durer bien plus longtemps.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (7)

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Abraracourcix

il y a 1 mois

Moi ce qui me choque, c'est que pendant ce temps, les jeunes galèrent pour trouver un logement. La priorité c'est pas les permissions de sortie, mais les inégalités sociales !

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FreeThinker

il y a 1 mois

Le taux de récidive après permission est de 12% selon l'INSEE. Pas de quoi paniquer, mais il faut effectivement mieux cibler les bénéficiaires.

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Ainhoa

il y a 1 mois

Selon la Cour des comptes, 60% des permissions sont accordées sans évaluation sérieuse des risques. Il faut réformer le système, pas le diaboliser.

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Éditorialiste anonyme

il y a 1 mois

Lol, la justice française en mode 'on fait ce qu'on veut'. Les mecs en prison pour un joint, et les gros dealers en balade. Le système est clairement buggé.

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Avocat du diable 2023

il y a 1 mois

Le problème n'est pas la permission en soi, mais le manque de moyens pour les surveiller. Il faut plus de personnel pénitentiaire et des peines alternatives efficaces.

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Ploumanach

il y a 1 mois

@avocat-du-diable-2023 Tu parles de moyens, mais où sont les résultats ? Avec le laxisme actuel, on finit avec des criminels en liberté !

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evercurious47

il y a 1 mois

Encore un exemple de l'impunité des puissants ! Pendant que les petits délinquants croupissent en taule, les gros bonnets ont droit à des permissions. La justice est une farce !

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