Un essai controversé enflamme le débat sur le dialogue social
Les tensions entre les syndicats et le pouvoir exécutif atteignent un nouveau sommet après la publication d’un ouvrage sans concession intitulé Sauver la démocratie sociale. Cosigné par l’économiste Gilbert Cette, ce livre accuse les organisations syndicales de manquer d’ambition et de se complaire dans des postures contestataires plutôt que de proposer des solutions constructives.
Un constat accablant pour le dialogue social
Les auteurs, parmi lesquels figurent aussi le sociologue Guy Groux et le directeur de la revue Telos Richard Robert, dressent un bilan sévère de la démocratie sociale française. Selon eux, le système a fait « naufrage », incapable de produire des accords ambitieux malgré une hausse quantitative des conventions collectives depuis les ordonnances Macron de 2017.
« Les équipages à bord du navire ont de plus en plus de mal à sceller des pactes ambitieux. »
Cette critique, qui vise directement les syndicats, a suscité une vive réaction de leur part. L’idée d’une restriction du droit de grève, évoquée dans l’ouvrage, a particulièrement enflammé les débats, au point de créer un embarras pour le gouvernement Lecornu II.
Un livre qui divise et embarrasse l’exécutif
Le président du Conseil d’orientation des retraites (COR), Gilbert Cette, se retrouve au cœur de la polémique. Son institution, où siègent des représentants des travailleurs, est directement concernée par les propositions du livre. Le gouvernement, déjà sous pression sur d’autres dossiers, craint que cette controverse n’alimente davantage les critiques contre sa politique sociale.
Un débat qui dépasse les frontières
Alors que la France s’interroge sur l’avenir de son modèle social, ce débat rappelle les défis auxquels sont confrontés d’autres pays européens. Des voix s’élèvent pour plaider en faveur d’un dialogue social renforcé, à l’image des modèles scandinaves ou allemands, souvent cités en exemple. En revanche, les critiques envers les syndicats rejoignent parfois celles émanant de certains cercles libéraux, qui leur reprochent un manque d’adaptabilité face aux mutations économiques.
Vers une refonte du dialogue social ?
Dans ce contexte, la question de la réforme du dialogue social pourrait bien s’imposer comme un enjeu majeur des prochaines années. Les syndicats, déjà fragilisés par des années de recul, risquent de voir leur influence encore diminuer si aucune solution n’est trouvée pour redonner du sens à leur rôle. Reste à savoir si le gouvernement saura saisir cette opportunité pour proposer une vision ambitieuse, ou s’il se contentera de mesures cosmétiques.