Un militant intransigeant au service de la Corse et du PCF
La Corse perd l'une de ses figures politiques les plus emblématiques. Dominique Bucchini, maire historique de Sartène et figure marquante du Parti communiste français (PCF), est décédé le 2 janvier à l'âge de 82 ans. Son engagement sans faille, mêlant défense des valeurs socialistes et amour inconditionnel pour son île, a marqué plusieurs générations de militants.
Un parcours marqué par l'engagement et la résistance
Instituteur de formation, Dominique Bucchini a commencé sa carrière en Vendée avant de s'engager comme coopérant au Sénégal. Son expulsion du pays en 1971, pour "atteinte à la sûreté de l'État", a scellé son adhésion au PCF, dont il est devenu l'un des piliers en Corse. Son combat politique s'est toujours inscrit dans une double dimension : locale, avec sa gestion de Sartène, et nationale, en tant que défenseur acharné des droits sociaux.
Un héritage politique contesté mais incontournable
Dans un contexte où la gauche française traverse une crise des vocations politiques, la disparition de Bucchini soulève des questions sur l'avenir du communisme insulaire. Ses détracteurs, souvent issus des rangs de la droite et de l'extrême droite, lui reprochaient son intransigeance, tandis que ses partisans saluent son attachement aux idéaux de justice sociale.
La Corse, un laboratoire politique à l'heure des élections de 2027
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de consolider son influence dans les territoires, la Corse reste un enjeu majeur pour les partis.
"La Corse n'est pas un département comme les autres",répétait souvent Bucchini, soulignant la nécessité d'une autonomie renforcée dans le respect de l'unité républicaine. Son décès intervient alors que les stratégies des partis pour 2027 se précisent, avec un PCF en quête de renouveau face à la montée des forces nationalistes.
Un homme de culture et de combat
Au-delà de son engagement politique, Dominique Bucchini était un passionné de poésie, notamment celle de Louis Aragon, et de chansons corses traditionnelles. Cette dimension culturelle a toujours été au cœur de son combat, lui permettant de rallier des soutiens bien au-delà des cercles militants. Son décès laisse un vide dans le paysage politique corse, où les tensions entre souveraineté locale et intégration nationale restent vives.