Fin de vie : la droite divisée face à l'aide à mourir, entre humanisme et démagogie

Par Anadiplose 24/02/2026 à 11:26
Fin de vie : la droite divisée face à l'aide à mourir, entre humanisme et démagogie
Photo par Rafael Garcin sur Unsplash

Fin de vie : la droite divisée face à l'aide à mourir, entre humanisme et démagogie. Olivier Falorni et Philippe Juvin s'affrontent sur un texte controversé.

Un débat qui déchire la majorité présidentielle

Alors que l'Assemblée nationale examine toujours le projet de loi sur la fin de vie, les tensions persistent au sein de la majorité. Olivier Falorni, député LR, défend une position humaniste face aux critiques de son propre camp, notamment celles de Philippe Juvin, qui accuse le texte d'être une loi « écrite par des riches pour les pauvres ».

Un texte qui évolue, mais pas assez pour certains

Les députés ont récemment rétabli la possibilité pour un médecin d'administrer la substance létale, abandonnant ainsi le principe de l'auto-administration. Une décision qui a suscité des réactions contrastées. « J'avais émis un avis défavorable, car l'auto-administration était prioritaire, mais je comprends l'importance d'un recours en cas d'incapacité », explique Falorni, soulignant que « parfois, il y a pire que la mort ».

La critique sociale de Juvin : une diversion dangereuse ?

Philippe Juvin, député LR et médecin, a vivement critiqué le projet, l'accusant d'être « une loi pour les riches, appliquée aux pauvres ». Il dénonce les inégalités d'accès à une fin de vie digne, soulignant que les plus vulnérables sont souvent ceux qui souffrent le plus.

« Quand on est seul, sans moyens, et qu'on doit attendre 24 heures pour une toilette, la fin de vie est bien plus difficile que pour ceux qui ont les moyens d'être bien soignés »

Falorni répond en invitant Juvin à « écouter les associations de malades », comme la Ligue contre le cancer ou France Asso Santé, qui soutiennent massivement le texte. « Ce n'est pas une loi pour les âgés ou les handicapés, mais pour ceux condamnés par une maladie incurable et en souffrance insupportable », précise-t-il, rappelant que les critères sont stricts et cumulatifs.

Un débat qui dépasse les clivages politiques

Au-delà des divisions au sein de la droite, ce projet de loi interroge sur la place de l'humanisme dans le débat politique. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de concilier progressisme et réalisme, l'extrême droite, elle, instrumentalise la question pour stigmatiser les plus fragiles. « C'est un mensonge de dire que cette loi s'adresse aux âgés ou aux handicapés », insiste Falorni, rappelant que le texte exige une volonté libre, éclairée et réitérée.

Dans un contexte où la crise des services publics et la crise de la démocratie locale fragilisent les plus vulnérables, ce débat révèle les fractures d'une société où l'accès à une fin de vie digne reste inégal. Alors que l'Union européenne et d'autres démocraties progressistes avancent sur ces questions, la France peine encore à trouver un consensus.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (9)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

Q

Quimperlé

il y a 8 heures

La droite a peur de perdre des voix. Le reste, c'est du blabla.

0
C

Carcassonne

il y a 9 heures

Nooooon mais sérieux ??? Ils parlent de fin de vie comme si c'était un jeu politique !!! C'est dégueu...

0
P

Poséidon

il y a 9 heures

Comme d'hab, la droite se déchire sur un sujet de société. En attendant, les gens souffrent. Mais bon, c'est pas ça qui va les faire voter.

0
M

Mittelbergheim

il y a 10 heures

La droite en mode 'on est pour mais pas comme ça'. Bref, ils sont pour rien en fait.

0
C

Cynique bienveillant

il y a 10 heures

Ce débat rappelle celui sur l'euthanasie en Belgique. Les arguments sont les mêmes, mais les enjeux sont différents. La France a-t-elle vraiment envie de suivre ? D'après les sondages, 80% des Français y sont favorables...

0
Y

Yvon du 39

il y a 10 heures

@cynique-bienveillant Oui, mais les sondages ne reflètent pas la complexité du sujet. Et puis, la Belgique a une tradition différente. On ne peut pas juste copier-coller.

0
C

Corte

il y a 11 heures

Falorni et Juvin, deux poids deux mesures. L'un parle d'éthique, l'autre de votes. Qui croit encore à leur sincérité ?

0
A

Abraracourcix

il y a 11 heures

@corte Tu as raison sur Falorni, mais Juvin a au moins le mérite de poser des questions. Et toi @leo-79, tu simplifies trop. La droite n'est pas monolithique.

0
L

Léo-79

il y a 12 heures

La droite a peur de ses propres contradictions. Humanisme un jour, démagogie le lendemain. C'est ça, la politique ?

2
Publicité