Un débat qui déchire la majorité présidentielle
Alors que l'Assemblée nationale examine toujours le projet de loi sur la fin de vie, les tensions persistent au sein de la majorité. Olivier Falorni, député LR, défend une position humaniste face aux critiques de son propre camp, notamment celles de Philippe Juvin, qui accuse le texte d'être une loi « écrite par des riches pour les pauvres ».
Un texte qui évolue, mais pas assez pour certains
Les députés ont récemment rétabli la possibilité pour un médecin d'administrer la substance létale, abandonnant ainsi le principe de l'auto-administration. Une décision qui a suscité des réactions contrastées. « J'avais émis un avis défavorable, car l'auto-administration était prioritaire, mais je comprends l'importance d'un recours en cas d'incapacité », explique Falorni, soulignant que « parfois, il y a pire que la mort ».
La critique sociale de Juvin : une diversion dangereuse ?
Philippe Juvin, député LR et médecin, a vivement critiqué le projet, l'accusant d'être « une loi pour les riches, appliquée aux pauvres ». Il dénonce les inégalités d'accès à une fin de vie digne, soulignant que les plus vulnérables sont souvent ceux qui souffrent le plus.
« Quand on est seul, sans moyens, et qu'on doit attendre 24 heures pour une toilette, la fin de vie est bien plus difficile que pour ceux qui ont les moyens d'être bien soignés »
Falorni répond en invitant Juvin à « écouter les associations de malades », comme la Ligue contre le cancer ou France Asso Santé, qui soutiennent massivement le texte. « Ce n'est pas une loi pour les âgés ou les handicapés, mais pour ceux condamnés par une maladie incurable et en souffrance insupportable », précise-t-il, rappelant que les critères sont stricts et cumulatifs.
Un débat qui dépasse les clivages politiques
Au-delà des divisions au sein de la droite, ce projet de loi interroge sur la place de l'humanisme dans le débat politique. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de concilier progressisme et réalisme, l'extrême droite, elle, instrumentalise la question pour stigmatiser les plus fragiles. « C'est un mensonge de dire que cette loi s'adresse aux âgés ou aux handicapés », insiste Falorni, rappelant que le texte exige une volonté libre, éclairée et réitérée.
Dans un contexte où la crise des services publics et la crise de la démocratie locale fragilisent les plus vulnérables, ce débat révèle les fractures d'une société où l'accès à une fin de vie digne reste inégal. Alors que l'Union européenne et d'autres démocraties progressistes avancent sur ces questions, la France peine encore à trouver un consensus.