Fin de vie : le Sénat durcit les conditions de l'aide à mourir, malgré les promesses de Macron

Par Renaissance 08/01/2026 à 11:14
Fin de vie : le Sénat durcit les conditions de l'aide à mourir, malgré les promesses de Macron

Le Sénat durcit les conditions de l'aide à mourir, malgré les promesses d'Emmanuel Macron. Un texte restrictif adopté en commission, sous pression de la droite.

Un texte restrictif adopté en commission

La commission des affaires sociales du Sénat a réécrit, mercredi 7 janvier, la proposition de loi sur le « droit à l'aide à mourir », rebaptisée « assistance médicale à mourir » pour en limiter l'accès. Une décision qui suscite des critiques de la part des associations de défense des droits des patients, alors que le gouvernement promet d'aller « au bout du travail législatif ».

Un durcissement des critères

Les sénateurs ont amendé le texte voté en mai 2025 par l'Assemblée nationale, qui prévoyait un accès élargi à l'aide active à mourir pour les malades en fin de vie. Le critère du « pronostic vital engagé » a été maintenu, mais sans précision sur l'espérance de vie restante, ce qui pourrait exclure des patients souffrant de pathologies chroniques dévastatrices.

« Cette réécriture est une victoire pour les conservateurs », dénonce Jean-Luc Mélenchon, qui accuse le Sénat d'avoir cédé aux pressions de la droite et de l'extrême droite.

Un marathon parlementaire sous haute tension

Les deux textes révisés – celui sur l'aide à mourir et celui sur l'égal accès aux soins palliatifs – seront examinés en séance au Palais du Luxembourg du 20 au 28 janvier. Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d'aboutir à une loi en 2026, citant la « fin de vie dans la dignité » comme un « grand chantier » de son quinquennat.

Pourtant, le processus législatif s'annonce laborieux : une seconde lecture dans chaque chambre, puis, en cas d'échec, une commission mixte paritaire et un dernier vote à l'Assemblée nationale. « Nous irons au bout du travail législatif », a promis le chef de l'État, mais les divisions politiques pourraient retarder l'adoption définitive.

La gauche accuse le gouvernement de recul

Les partis de gauche dénoncent un recul par rapport aux engagements initiaux du gouvernement.

« Le Sénat a transformé un texte progressiste en une loi restrictive, sous couvert de prudence »,
déplore un député LFI. La droite, en revanche, salue cette « approche responsable », tandis que l'extrême droite réclame un rejet pur et simple du texte.

Un débat qui dépasse les frontières

La France s'inscrit dans un mouvement européen plus large, où plusieurs pays, comme la Norvège ou le Canada, ont légalisé l'aide à mourir sous des conditions strictes. En revanche, des pays comme la Hongrie ou la Pologne, sous influence conservatrice, bloquent toute avancée législative en la matière.

Alors que la France se veut un modèle de démocratie sociale, ce durcissement sénatorial pourrait fragiliser son image progressiste, notamment face à des nations comme le Brésil ou le Japon, qui ont adopté des lois plus libérales sur la fin de vie.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (6)

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B

Borrégo

il y a 17 heures

Et du coup, qui va voter contre cette loi ? Parce que là, on voit bien que Macron a les mains liées. La gauche va voter contre, la droite va voter pour... Et après, on s'étonne que les gens n'ont plus confiance en la politique.

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J

julien-sorel-3

il y a 18 heures

Franchement, c'est dégueulasse. On parle de la fin de vie, pas d'un débat idéologique. Les sénateurs devraient avoir honte. @eguisheim, t'en penses quoi toi ?

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A

Avoriaz

il y a 19 heures

Nooooon mais sérieux ??? Ils veulent qu'on souffre jusqu'au bout ou quoi ??? ptdr...

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I

ironiste-patente

il y a 20 heures

Le Sénat a trouvé le moyen de rendre la fin de vie encore plus compliquée... comme si c'était pas assez dur comme ça.

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F

Fab-49

il y a 19 heures

@ironiste-patente Exactement. Le texte initial était déjà restrictif, mais là, c'est carrément régressif. La droite sénatoriale a réussi à imposer son agenda anti-progrès, malgré les déclarations du président. Macron va-t-il oser s'opposer à son camp ? J'en doute.

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C

Claude54

il y a 21 heures

Macron promet, le Sénat sabote. La routine politique française.

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