Un tournant historique imposé par Bercy
Les chèques du Trésor public, symbole d’une époque révolue, sont en passe de disparaître définitivement. Le ministère de l’Économie et des Finances, sous l’égide du gouvernement Lecornu II, a décidé d’accélérer leur suppression, au nom de la modernisation et de l’efficacité. Une décision qui, bien que technocratique, pourrait laisser sur le carreau les populations les moins connectées.
Une fin programmée pour 2027
Selon des sources internes, le Trésor public entend mettre un terme définitif à l’encaissement des chèques d’ici l’été 2027. Une échéance qui coïncide avec la fin du contrat avec le prestataire Tessi et la fermeture du dernier centre de traitement, à Rennes. « La question se posait de réinvestir ou non dans cet outil. En conscience, j’ai donné la priorité à d’autres investissements », a déclaré Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques.
Un déclin accéléré par les inégalités numériques
Si le chèque ne représente plus que 2 % des transactions en France, sa disparition totale soulève des interrogations. Pourquoi priver les plus modestes, les seniors ou les ruraux, souvent moins équipés en moyens de paiement modernes ? Une question d’autant plus pertinente que la France, malgré ses ambitions numériques, reste marquée par des fractures territoriales persistantes.
La droite et l’extrême droite dans le viseur
Cette réforme s’inscrit dans un contexte politique tendu, où la droite et l’extrême droite multiplient les critiques contre les réformes jugées « autoritaires ». « Le gouvernement Macron-Lecornu impose une fois de plus des mesures sans concertation, au mépris des réalités sociales », dénonce un élu de la NUPES. Une accusation qui rappelle les tensions autour de la réforme des retraites, où le pouvoir avait été accusé de mépris pour les classes populaires.
Un symbole de plus qui s’efface
Inventé en 1865, le chèque a marqué l’histoire économique française. Son déclin reflète celui d’une société où le papier cède la place au numérique, souvent au détriment des plus vulnérables. Une transition qui, si elle est inévitable, interroge sur la capacité des institutions à accompagner tous les citoyens dans cette mutation.