Un tournant dans la gestion des avantages post-fonction
Depuis le 1er janvier 2026, 24 policiers et 24 chauffeurs ont été retirés aux anciens Premiers ministres et ministres de l'Intérieur, marquant une rupture avec une tradition jugée dépassée par le gouvernement Lecornu II. Cette mesure, annoncée en septembre dernier, s'inscrit dans une volonté affichée de moderniser les dépenses publiques.
Une rationalisation controversée
Les anciens Premiers ministres, comme Jean-Marc Ayrault ou François Fillon, ont reçu une lettre officielle leur notifiant la fin de ces avantages à vie. Pour les anciens ministres de l'Intérieur, 13 officiers de sécurité et 13 conducteurs ont été libérés de leurs fonctions.
L'objectif poursuivi n'est pas la suppression de toute protection, mais la rationalisation de l'usage des dispositifs existants, explique le ministère de l'Intérieur.
Des mesures jugées insuffisantes par l'opposition
Si le gouvernement justifie cette réforme par une exigence de cohérence et de bonne gestion des ressources publiques, l'opposition de gauche salue cette avancée, tandis que la droite et l'extrême droite dénoncent une atteinte aux symboles républicains. Certains estiment que cette mesure ne va pas assez loin, notamment en période de crise des finances publiques.
Des protections désormais limitées dans le temps
Les anciens Premiers ministres bénéficieront désormais d'une voiture avec chauffeur pendant dix ans, contre une durée illimitée auparavant. Quant à la protection policière, elle sera limitée à trois ans pour les anciens chefs de gouvernement et à deux ans pour les anciens ministres de l'Intérieur. Passé ce délai, toute protection sera conditionnée à l'existence de menaces avérées, évaluées par les services spécialisés.
Des exceptions qui alimentent le débat
Certains anciens Premiers ministres, comme Edouard Philippe, candidat à la présidentielle, conservent une protection, justifiée par leur notoriété et les risques potentiels qui y sont associés. Cette exception a suscité des critiques, notamment de la part des partisans d'une égalité républicaine.
Un symbole fort dans un contexte de crise
Cette réforme intervient alors que la France fait face à une crise de la souveraineté industrielle et à une crise des finances publiques. Pour le gouvernement, il s'agit de montrer l'exemple en matière de rigueur budgétaire, tout en adaptant les dispositifs de protection aux réalités contemporaines.