Une grève massive qui paralyse le secteur médical
Lundi 5 janvier 2026, les médecins libéraux français ont entamé une grève d'une ampleur inédite, avec 85 % des praticiens prêts à suivre le mouvement, selon les syndicats. Cette mobilisation, qui pourrait durer dix jours, vise à dénoncer les mesures du budget de la Sécurité sociale, notamment la limitation des arrêts de travail à un mois, jugée inadaptée par les professionnels de santé.
Des cabinets fermés et des patients en détresse
De nombreux cabinets médicaux sont restés porte close ce matin, laissant des patients dans l'incertitude.
"Sauf urgence, il n'y aura pas de consultation ici jusqu'à vendredi",déclare une médecin généraliste en grève. Les praticiens dénoncent une atteinte à la liberté thérapeutique, soulignant que certaines pathologies graves, comme certains cancers, nécessitent des arrêts de travail plus longs.
En pleine épidémie de grippe, les patients doivent s'organiser. "Si c'est très urgent, j'irai aux urgences. Sinon, je vais voir le pharmacien",
Des cliniques privées aussi touchées
Les généralistes ne sont pas les seuls à se mobiliser. Dans certaines cliniques privées, des opérations sont reportées. Les syndicats dénoncent la possibilité pour les autorités de baisser unilatéralement les tarifs de certains actes, comme la radiologie, sans négociation préalable.
"En principe, on négocie à parité entre médecins et assurance maladie. Là, la loi de financement de la Sécurité sociale permet à l'assurance maladie de prendre le lead et de garder le lead jusqu'à la fin",explique une représentante syndicale.
Le gouvernement tente d'apaiser, mais la colère persiste
La ministre de la Santé a tenté de rassurer en affirmant que cette baisse des tarifs était une possibilité et non une obligation. Cependant, cette déclaration n'a pas suffi à calmer les tensions. Les médecins dénoncent une décision autoritaire du gouvernement Lecornu II, qui s'inscrit dans une logique de restriction budgétaire au détriment de la qualité des soins.
Un mouvement qui s'inscrit dans un contexte plus large
Cette grève intervient dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions croissantes entre les professionnels de santé et le gouvernement. Les syndicats dénoncent une politique de rigueur qui menace l'accès aux soins pour tous. "C'est une attaque frontale contre le service public de santé", déclare un représentant syndical.
Alors que le gouvernement tente de justifier ces mesures par la nécessité de rééquilibrer les comptes, les médecins rappellent que ces restrictions risquent d'aggraver les déserts médicaux et de précariser davantage les patients.