Un système fiscal qui favorise les plus riches
Alors que le débat sur la justice fiscale s'intensifie, une révélation choquante ébranle le gouvernement. Des milliers de grandes fortunes françaises ne paieraient aucun impôt sur le revenu, selon les déclarations de l'ancien ministre de l'Économie, Éric Lombard. Une affirmation que le gouvernement tente de minimiser, mais qui soulève des questions cruciales sur l'équité du système fiscal français.
Des mécanismes légaux pour éviter l'impôt
Les holdings, ces structures financières opaques, permettent aux plus fortunés de retarder voire éviter complètement l'impôt. Comme l'explique Paul Duvaux, avocat fiscaliste, Les revenus de placement ne sont pas perçus directement, mais transitent par des holdings qui servent de 'cashbox'. Ainsi, tant qu'on ne se verse pas d'argent, on ne paie presque rien.
Cette pratique, légale mais controversée, permet à certains contribuables d'avoir un revenu fiscal de référence de zéro, les rendant éligibles à des aides sociales comme le RSA ou le logement social. Un paradoxe qui illustre les failles du système.
Le gouvernement sous pression
Face à ces révélations, le gouvernement se retrouve en difficulté. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a d'abord reconnu l'existence de ces pratiques avant de les nier fermement. Il n'est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu
, a-t-elle affirmé à l'Assemblée nationale.
Pourtant, en juin 2025, elle reconnaissait devant le Sénat que certains contribuables très fortunés ont des revenus fiscaux de référence qui les rendent éligibles au RSA ou au logement social
. Une contradiction qui alimente les critiques de l'opposition.
Une taxe sur les holdings abandonnée
Le gouvernement avait promis une taxe sur les holdings, censée rapporter un milliard d'euros. Mais après son passage devant le Sénat, son rendement a été réduit à 100 millions d'euros. Finalement, cette mesure a été purement et simplement supprimée du projet de budget 2026, sous la pression des lobbies et d'une partie de la majorité.
Cette reculade illustre les difficultés du gouvernement à imposer une fiscalité plus juste. Comment expliquer que des milliardaires puissent échapper à l'impôt alors que les classes moyennes et populaires sont écrasées par les taxes ?
L'opposition exige des comptes
À l'Assemblée nationale, l'élu insoumis Éric Coquerel a exigé des éclaircissements. Je l'ai demandé, le document à Bercy, faisant état de cette liste de contribuables qui ne paient pas l'impôt sur le revenu. Je pense que ça intéressera tout le monde
, a-t-il déclaré.
Mais Bercy refuse de communiquer ces chiffres, invoquant le secret fiscal. Une opacité qui alimente les soupçons et renforce l'idée d'un système fiscal qui protège les plus riches.
Un débat qui dépasse les frontières
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des finances publiques et de crise de la démocratie locale. Alors que les inégalités se creusent, la question de la justice fiscale devient un enjeu majeur pour 2027.
Les partis de gauche, comme La France Insoumise, dénoncent un système qui favorise les plus riches et abandonne les plus modestes
. À l'inverse, la droite et l'extrême droite minimisent le problème, préférant évoquer d'autres sujets comme la crise de la sécurité en France.
Une réforme nécessaire
Face à ces révélations, une réforme en profondeur du système fiscal s'impose. Il est inacceptable que des fortunes colossales échappent à l'impôt alors que les services publics manquent de moyens.
Le gouvernement doit agir, non seulement pour rétablir la confiance, mais aussi pour garantir une fiscalité plus juste. La justice fiscale n'est pas une option, c'est une nécessité démocratique.