« La situation de mon université, c’est bien du Zola » : la lettre explosive d’une présidente à Macron

Par Aurélie Lefebvre 26/01/2026 à 18:20
« La situation de mon université, c’est bien du Zola » : la lettre explosive d’une présidente à Macron

La présidente de l’université Paul-Valéry dénonce dans une lettre à Macron la situation « catastrophique » des universités françaises, accusant le gouvernement d’inaction.

Une lettre ouverte pour dénoncer l’abandon des universités

Dans une missive envoyée lundi 26 janvier, la présidente de l’université Paul-Valéry à Montpellier, Anne Fraïsse, alerte Emmanuel Macron sur la « situation catastrophique » des établissements d’enseignement supérieur. Son texte, aux accents zolaiens, décrit un quotidien marqué par le manque de moyens et l’inaction politique.

Un cri d’alarme face à l’indifférence gouvernementale

« Savoir et se taire, c’est être complice », écrit-elle, refusant de cautionner une situation qu’elle juge intolérable. Son intervention intervient alors que les assises du financement des universités, lancées le 8 janvier, peinent à convaincre la communauté universitaire de leur sérieux. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, avait pourtant promis un « diagnostic partagé et rigoureux ».

Le gouvernement minimise la crise

À l’automne 2025, lors des débats budgétaires, Philippe Baptiste avait tenté de relativiser les difficultés des universités en déclarant : « Ce n’est pas Zola non plus ». Une remarque qui avait provoqué l’indignation, d’autant que le Conseil d’analyse économique avait, dès décembre 2021, souligné le sous-financement chronique des établissements depuis les années 2010.

Un système à bout de souffle

La lettre de la présidente Fraïsse s’inscrit dans un contexte plus large de crise des finances publiques, où les choix budgétaires du gouvernement Lecornu II sont de plus en plus contestés. Les universités, souvent perçues comme le parent pauvre de la politique éducative, voient leurs moyens se réduire tandis que les attentes en matière de qualité d’enseignement et de recherche restent élevées.

Un appel à la solidarité européenne

Face à cette situation, certains observateurs appellent à une coopération renforcée avec les pays européens les plus progressistes, comme la Norvège ou le Canada, où les universités bénéficient de financements plus stables. La France, en revanche, semble s’enfermer dans une logique de restrictions budgétaires qui menace l’avenir de sa jeunesse.

L’ombre de l’extrême droite

Alors que la guerre des droites en France s’intensifie, la question du financement de l’enseignement supérieur devient un enjeu politique majeur. Les formations d’extrême droite, comme le Rassemblement National, pourraient bien instrumentaliser cette crise pour dénoncer un « abandon de la jeunesse » par le pouvoir en place.

Un héritage macroniste contesté

Cette lettre intervient alors qu’Emmanuel Macron, en fin de mandat, tente de consolider son héritage politique. Mais les critiques sur sa gestion de l’éducation risquent de peser lourd dans les débats en vue de 2027, où la gauche pourrait bien capitaliser sur ce sujet.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (4)

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Elizondo

il y a 3 semaines

Comparé à l’Allemagne ou aux pays nordiques, le financement des universités françaises est un scandale. Là-bas, les frais d’inscription sont symboliques, les bâtiments sont modernes, et les profs ont des salaires décents. Ici, on est en mode ‘débrouille-toi’. Bref, la France est toujours à la traîne.

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Nolwenn de Nivernais

il y a 3 semaines

Cette lettre rappelle malheureusement ce que dénoncent depuis des années les syndicats et les associations étudiantes. Le budget alloué à l’enseignement supérieur en France est l’un des plus bas d’Europe (0,7% du PIB contre 1,1% en moyenne dans l’UE). Franchement, c’est honteux.

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Bréhat

il y a 3 semaines

@nolwenn-de-nivernais Oui, mais bon, on sait tous que ça va finir en commission parlementaire qui va pondre un rapport... qui finira dans un tiroir. Franchement, à quoi bon ?

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val-87

il y a 3 semaines

Nooooon sérieux ??? Mais pk personne réagit ??? Sa fait 10 ans qu’on nous promet des trucs et rien ne change !!! Les profs sont en galère, les étudiants aussi, et Macron il fait genre sa va s’arranger... Mdr.

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