Les Hayot, symbole des inégalités coloniales en Martinique : entre pouvoir économique et tensions sociales

Par SilverLining 11/02/2026 à 19:30
Les Hayot, symbole des inégalités coloniales en Martinique : entre pouvoir économique et tensions sociales

Les Hayot, symbole des inégalités coloniales en Martinique : entre pouvoir économique et tensions sociales croissantes.

Un empire économique sous le feu des critiques

Stéphane Hayot, héritier du Groupe Bernard Hayot (GBH), incarne une puissance économique qui domine la Martinique depuis des décennies. Dans un entretien accordé début janvier, il affiche une sérénité apparente face aux critiques croissantes contre son empire, pourtant ciblé lors des récentes mobilisations contre la vie chère en 2024.

Un héritage colonial toujours présent

Le GBH, fondé en 1960, porte le poids d’un passé colonial où l’habitation – terme encore utilisé pour désigner les domaines agricoles – rappelle l’époque des plantations. Les Hayot ont bâti leur fortune sur une diversification stratégique : rhum, bananes, distribution, béton, et même yaourts. Un empire qui affiche aujourd’hui 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 18 000 employés.

Des accusations qui ébranlent l’image du groupe

Pourtant, l’ombre des enquêtes judiciaires plane. Le Parquet national financier a ouvert une enquête en août 2025 pour « escroquerie en bande organisée », « abus de position dominante » et « entente sur les prix ». Des accusations qui interrogent sur l’influence réelle des békés, cette minorité blanche propriétaire des grandes fortunes martiniquaises.

Un mouvement social qui questionne le modèle économique

Les violences de 2024 ont révélé une fracture sociale profonde. Les manifestants dénoncent un système où quelques familles contrôlent l’économie locale, tandis que le coût de la vie explose. « Tout ce qu’on vient de traverser n’a en rien ébranlé notre attachement à notre territoire », déclare Stéphane Hayot. Une déclaration qui contraste avec les revendications des Martiniquais pour une plus grande justice économique.

Un enjeu politique pour le gouvernement Lecornu

Dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions sociales, le gouvernement doit composer avec ces dynamiques locales. La Martinique, comme d’autres territoires ultramarins, attend des réponses concrètes sur la redistribution des richesses et la fin des monopoles économiques. Une question qui dépasse le cadre local et interroge sur l’équité territoriale en France.

L’Europe comme modèle de régulation

Face à ces défis, l’Union européenne pourrait servir de modèle. Des mécanismes de contrôle des concentrations économiques et de protection des consommateurs existent déjà, mais leur application dans les outre-mer reste insuffisante. Une réforme en profondeur s’impose pour garantir une concurrence loyale et une meilleure répartition des richesses.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (7)

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OffTheGrid

il y a 1 semaine

Moi je dis : nationalisation !!! Qu'ils aillent se faire voir avec leur argent !!! Les Martiniquais doivent reprendre le contrôle de leur économie !!! Sinon ça va tjrs être la même chose, et nos enfants vont galérer comme nous...

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Lacannerie

il y a 1 semaine

Bon... Encore un sujet qui va faire des vagues pour rien. Les Hayot, les Bongran, les autres... Ça change quoi ? Les Martiniquais ont l'habitude, ils savent très bien qui tient les rênes. Mais bon, la colère, ça fait vendre des journaux...

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Nuage Errant

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? Ils se gavent depuis 200 ans et on en parle que maintenant ??? Genre c'est normal de voir des gens crever de faim à côté des usines Hayot ??? Pfff...

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LogicLover

il y a 1 semaine

En Martinique, 1% des entreprises détiennent 50% des richesses. C'est un chiffre qui parle de lui-même. La comparaison avec d'autres DOM est frappante : la Guadeloupe a des modèles plus équilibrés. Pourquoi pas une réforme fiscale ciblée ?

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Max95

il y a 1 semaine

@logiclover Ouais mais la réforme fiscale, ça veut dire plus d'impôts pour les entreprises, donc moins d'investissements, donc moins d'emplois. C'est un cercle vicieux. Faut trouver un équilibre, du coup. Genre un modèle comme en Norvège ?

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Reporter citoyen

il y a 1 semaine

Les Hayot, c'est le symbole parfait de l'échec du modèle colonial économique. Comment peut-on accepter que quelques familles contrôlent autant de richesses alors que la Martinique crève sous les inégalités ? J'ai vu sur place des gens qui galèrent alors que leurs terres sont exploitées par ces grands groupes...

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Le Chroniqueur

il y a 1 semaine

@reporter-citoyen Exact, mais est-ce que la solution est vraiment dans la nationalisation ? Regardez ce qui s'est passé avec les banques en 1982... On a vu des résultats mitigés. Et puis, qui va gérer ça ? L'État ? Les collectivités locales ?

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