Une avancée symbolique pour les militants anti-narcotrafic
La commission des Lois de l'Assemblée nationale a adopté mercredi 4 février une proposition de loi visant à renforcer la protection des lanceurs d'alerte engagés dans la lutte contre le narcotrafic. Porté par la députée écologiste Sandra Regol, ce texte fait directement écho à l'affaire tragique d'Amine Kessaci, dont le frère Mehdi a été assassiné en novembre dernier dans ce qui semble être un crime d'intimidation.
Un mécanisme de protection inédit
Le texte prévoit d'inscrire dans la loi un dispositif spécifique pour les personnes exposées à des menaces en raison de leur combat contre la criminalité organisée, notamment le trafic de stupéfiants. Les mesures envisagées vont de la simple inscription sur une liste prioritaire à l'attribution d'une identité d'emprunt ou d'une protection rapprochée, selon la gravité des menaces.
La proposition a été amendée pour préciser que les services locaux de police et de gendarmerie devront mettre en œuvre ces protections, avec la possibilité d'une coordination nationale lorsque les menaces sont particulièrement sérieuses.
Une adoption en commission malgré les réserves
Le texte a été approuvé malgré les réservations exprimées par les groupes de la coalition gouvernementale et l'opposition du Rassemblement National. Il s'inscrit dans le cadre des huit propositions de loi que le groupe écologiste entend faire examiner lors de sa journée parlementaire réservée, jeudi 12 février.
Cette initiative intervient alors que la question de la sécurité et du narcotrafic est au cœur des préoccupations des Français, à quelques semaines des élections municipales de mars. Amine Kessaci, figure du militantisme anti-drogue, a d'ailleurs annoncé sa candidature à Marseille sur la liste du maire sortant Benoît Payan.
Un débat qui promet d'être tendu
Si l'adoption en commission est une étape importante, rien ne garantit que le texte sera adopté en séance plénière. Les groupes de la majorité présidentielle pourraient en effet s'opposer à ce qu'ils considèrent comme une ingérence dans les compétences des forces de l'ordre, tandis que l'opposition de droite y voit une mesure symbolique sans réelle efficacité.
Les écologistes, eux, espèrent que cette proposition de loi permettra de renforcer la protection des militants et de lutter plus efficacement contre les réseaux criminels qui prospèrent dans l'impunité. Une question qui, au-delà des clivages partisans, interroge sur la capacité de l'État à protéger ceux qui s'engagent pour la sécurité de tous.