Un agenda chargé pour le gouvernement Lecornu
Alors que la France traverse une période de crise des vocations politiques et de crise de la démocratie locale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé, samedi 7 février, une série de mesures prioritaires destinées à marquer son mandat jusqu'à l'été 2026. Dans une interview accordée à la presse régionale, il a détaillé une feuille de route ambitieuse, mêlant urgences sociales, défis énergétiques et enjeux sécuritaires.
L'énergie, un dossier « urgent »
Le chef du gouvernement a annoncé qu'il signerait « en fin de semaine prochaine » le décret de publication de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), retardée depuis deux ans et demi en raison des divisions sur le nucléaire et les énergies renouvelables.
« L'énergie est probablement un des dossiers les plus urgents »,a-t-il justifié, soulignant que les débats avaient « largement eu lieu ». Une décision qui intervient alors que la France peine à concilier transition écologique et souveraineté énergétique, dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie et la Chine.
L'AME sous le feu des critiques
Deux décrets réformant l'aide médicale d'État (AME) seront publiés dimanche. Le premier vise à renforcer la lutte contre la fraude, avec des économies estimées à 180 millions d'euros. Le second modernisera les systèmes informatiques de l'État. Ces mesures interviennent alors que la droite et l'extrême droite dénoncent régulièrement un système jugé trop généreux, tandis que la gauche accuse le gouvernement de durcir les conditions d'accès aux soins pour les plus précaires.
La décentralisation, un chantier complexe
Le Premier ministre a précisé que la réforme de la décentralisation se déclinerait en trois textes. Le premier, présenté avant les élections municipales des 15 et 22 mars, portera sur « la vie des collectivités locales » avec une cinquantaine de mesures de simplification. Un deuxième texte, lancé après le scrutin, abordera la réforme de l'État et la clarification des compétences. Enfin, un troisième texte se concentrera sur la simplification administrative de la Métropole du Grand Paris. Ces annonces surviennent alors que les territoires ruraux et périurbains subissent de plein fouet la crise des finances publiques et la crise de la démocratie locale.
L'armée au cœur des priorités
Sébastien Lecornu a également annoncé une augmentation du budget de l'armée, qualifiée d'« impératif » dans un contexte de « bouleversement du monde ». La mise à jour de la loi de programmation militaire sera présentée à l'Assemblée nationale dès avril, pour être adoptée avant le discours aux Armées du président Emmanuel Macron, le 13 juillet. Une décision saluée par l'opposition de gauche, mais critiquée par les partisans d'une réduction des dépenses militaires au profit des services publics.
Un remaniement ministériel imminent
Le Premier ministre a enfin confirmé qu'il remaniera son gouvernement « avant la période de réserve » liée aux élections municipales, soit le 22 février. Une décision qui intervient alors que le gouvernement est fragilisé par des divisions internes et une crise des vocations politiques croissante.