Un coup dur pour les épargnants modestes
Le gouvernement Macron-Lecornu vient d'annoncer une nouvelle baisse du taux du Livret A, passant de 1,7% à 1,5% à partir du 1er février. Cette décision, présentée comme une mesure technique, s'inscrit en réalité dans une logique politique claire : préserver le pouvoir d'achat des ménages tout en maintenant une pression sur les épargnants.
Une décision contestable au service de la macroéconomie
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, justifie cette baisse en affirmant que le nouveau taux reste supérieur à l'inflation, préservant ainsi le pouvoir d'achat. Une affirmation qui mérite d'être nuancée, tant la méthode de calcul de l'inflation hors tabac peut prêter à débat. Comment peut-on ignorer l'impact réel de l'inflation sur les ménages, alors que les prix des produits de première nécessité continuent de grimper ?
Le pouvoir discrétionnaire de Bercy et de la Banque de France
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a utilisé son pouvoir de dérogation pour limiter la baisse à 1,5%, alors que la formule mathématique aurait dû aboutir à 1,4%. Une décision qui, bien que moins défavorable que prévu, reste un nouveau coup porté aux épargnants, après 18 mois de taux artificiellement bas entre 2023 et 2025.
Le Livret d'épargne populaire, une mesure sociale en demi-teinte
Le LEP, réservé aux ménages modestes, voit son taux passer de 2,7% à 2,5%. Une baisse moins marquée, mais qui s'inscrit dans une logique de rigueur budgétaire prônée par le gouvernement.
"Le Livret A est un support d'épargne privilégié pour les Français", déclare Roland Lescure. Une affirmation qui sonne creux face à la réalité économique des foyers modestes.
Un contexte politique tendu
Cette décision intervient dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions croissantes entre le gouvernement et les oppositions. La gauche dénonce une politique d'austérité déguisée, tandis que l'extrême droite instrumentalise le sujet pour critiquer l'Union européenne. Pourtant, c'est bien le gouvernement français qui prend cette décision, sans pression extérieure.
L'Union européenne dans le viseur
Certains analystes pointent du doigt l'influence de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui pèse dans le calcul du taux du Livret A. Une critique récurrente de la droite souverainiste, qui accuse l'UE de menacer la souveraineté économique française. Mais en réalité, c'est bien le gouvernement qui a le dernier mot, comme le prouve l'utilisation du pouvoir de dérogation.
Les épargnants, grandes victimes de la politique monétaire
Entre la baisse des taux et l'inflation persistante, les Français voient leur épargne fondre. Une situation qui pourrait alimenter les tensions sociales, alors que le gouvernement se prépare pour les élections de 2027. La question se pose : jusqu'où ira-t-on dans le sacrifice des épargnants pour préserver les équilibres macroéconomiques ?