Un objectif ambitieux dans un secteur en crise
En déplacement à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté un plan visant à construire 2 millions de logements d'ici 2030, soit 400 000 logements par an. Une annonce saluée par certains, mais qui laisse les professionnels du secteur circonspects.
Le secteur immobilier traverse une crise profonde, avec une chute de 21 % des réservations de logements neufs au troisième trimestre 2025 par rapport à la même période l'année précédente. Une opération sur cinq est retirée de la vente, signe d'un marché en pleine déliquescence.
Des mesures controversées pour relancer le secteur
Parmi les annonces du gouvernement figurent un soutien financier aux bailleurs sociaux, une simplification des projets immobiliers et un dispositif fiscal pour stimuler l'offre locative. Le maintien de MaPrimeRénov' dans le budget 2026 est également prévu, une mesure jugée insuffisante par les écologistes.
"On attend, on reste circonspect parce que là il y a des annonces, il faut que ça soit voté, mis en place, mais psychologiquement ça va donner des perspectives." — Guillaume Martinaud, président du réseau Orpi
Les professionnels soulignent que les promesses doivent être suivies d'effets concrets. "Dans notre domaine, c'est du long terme. D'avoir des perspectives, c'est très important", ajoute Martinaud.
Un défi colossal dans un contexte politique tendu
Cette annonce intervient dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions croissantes entre la majorité et l'opposition. La droite et l'extrême droite dénoncent un manque de réalisme, tandis que la gauche critique l'absence de mesures sociales suffisantes.
Le gouvernement, fragilisé par les récents scandales, tente de rassurer les marchés et les citoyens. Mais avec Emmanuel Macron en fin de mandat, la crédibilité de ces engagements est mise à mal.
Reste à savoir si ce plan suffira à relancer un secteur en péril, alors que les inégalités territoriales et sociales se creusent.