Un pilier républicain menacé
Instaurée en 2000, la loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU) visait à garantir une mixité sociale dans les villes françaises. Son article 55 imposait aux communes de plus de 1 500 habitants en Île-de-France et 3 500 ailleurs d'accueillir au moins 20 % de logements sociaux, un seuil porté à 25 % en 2013 face à l'explosion des prix du marché privé.
Pourtant, aujourd'hui, la moitié des maires concernés ne respectent pas cette obligation légale, tandis que le gouvernement Lecornu II semble fermer les yeux. « La loi SRU a permis la construction de 2 millions de logements sociaux, mais son application est aujourd'hui sabotée par des élus locaux », déplore un rapport parlementaire.
Une stratégie d'exclusion ciblée
Les critiques pointent du doigt une stratégie délibérée d'exclusion des populations modestes et immigrées. En diluant les obligations de logements sociaux dans des dispositifs comme le « logement abordable », certains élus parviennent à contourner la loi sans en avoir l'air.
« Le logement social n'est pas un privilège, mais un droit. Le laisser se dégrader, c'est accepter la ségrégation urbaine »
Un affaiblissement progressif
Depuis 2017, les aides publiques au logement social ont été réduites, fragilisant un secteur qui accueille pourtant 10,5 millions de Français. 70 % des ménages y sont éligibles, des enseignants aux artisans, en passant par les travailleurs sociaux.
Pourtant, le gouvernement semble privilégier les intérêts des promoteurs privés. « La notion de 'logement abordable' est un leurre : elle permet de remplacer les HLM par des logements intermédiaires, aux loyers bien plus élevés », dénonce une fédération de locataires.
Un enjeu démocratique
Alors que la crise du logement s'aggrave, cette politique d'abandon du logement social renforce les fractures territoriales. Dans un contexte de montée des tensions sociales, le gouvernement Lecornu II est accusé de laisser faire les maires les plus conservateurs, au détriment de l'idéal républicain de mixité.
Face à cette situation, les associations demandent une mobilisation européenne, car la France n'est pas la seule touchée par ce recul social. « L'Union européenne doit protéger les droits sociaux fondamentaux, y compris dans le logement », plaide une ONG basée à Bruxelles.