L'ombre du pouvoir : quand la moitié des lois françaises restent lettre morte

Par BlackSwan 09/02/2026 à 21:11
L'ombre du pouvoir : quand la moitié des lois françaises restent lettre morte

Moins de la moitié des lois votées en France sont appliquées, révélant une crise démocratique inquiétante sous Macron et Lecornu II.

Un Parlement impuissant face à l'exécutif

Le spectacle est édifiant : l'Assemblée nationale, gardienne de la démocratie, se retrouve aujourd'hui dans l'incapacité de faire appliquer ses propres décisions. Alors que le gouvernement Lecornu II accumule les retards dans la publication des décrets d'application, le taux d'exécution des lois chute dramatiquement, passant de 87 % à seulement 55 % depuis la dissolution de 2024. Une situation qui interroge sur la santé réelle de nos institutions.

La démocratie en berne

« On ne peut pas voter des textes et constater qu'ils ne sont pas appliqués », avait tonné Yaël Braun-Pivet lors de ses vœux à la presse. Une mise en garde qui résonne comme un aveu d'impuissance. Selon les chiffres officiels, sur les 45 lois votées depuis le début de la législature, seules huit sont intégralement appliquées. Pire, seulement 24 % des mesures le sont dans les six mois suivant leur adoption, alors qu'une circulaire de l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne fixait ce délai comme impératif.

Un gouvernement sous pression

Le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a dû rendre des comptes devant l'Assemblée. Interrogé sur ces manquements, il a évoqué des « difficultés techniques » et des « priorités budgétaires ». Des explications qui peinent à convaincre les députés, notamment ceux de la gauche, qui dénoncent une stratégie de contournement démocratique.

Les conséquences d'un pouvoir exécutif tout-puissant

Cette crise d'application des lois s'inscrit dans un contexte plus large : celui d'un exécutif qui, sous la présidence Macron, a progressivement étendu son emprise sur le législatif. « Le gouvernement utilise les retards administratifs comme un outil de filtrage politique », estime un député LFI. Une accusation reprise par une partie de la gauche, qui y voit un moyen de contourner les décisions parlementaires.

Un précédent dangereux

Si cette situation perdure, elle pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la confiance des citoyens envers leurs institutions. La démocratie locale, déjà fragilisée par les crises successives, risquerait d'être encore affaiblie par ce déficit de légitimité. « Quand les lois ne sont pas appliquées, c'est toute la crédibilité de la République qui est en jeu », alerte un sénateur écologiste.

Vers une réforme urgente

Face à cette situation, des voix s'élèvent pour exiger une réforme en profondeur. Certains proposent de renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement, tandis que d'autres réclament une meilleure coordination entre l'exécutif et le législatif. La crise des vocations politiques pourrait bien être aggravée par cette défiance croissante envers les institutions.

Reste à savoir si le gouvernement Lecornu II saura répondre à cette exigence démocratique, ou s'il choisira de poursuivre sa politique de contournement. Une chose est sûre : le Parlement ne compte pas abandonner sans combattre.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (10)

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Quimperlé

il y a 1 semaine

La démocratie à la française : on vote, on oublie, on recommence. Comme d'hab.

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M

Megève

il y a 1 semaine

Vous croyez vraiment que ça va changer un jour ? Ou on va continuer à voter des trucs pour se donner bonne conscience ?

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Kerlouan

il y a 1 semaine

@megeve Franchement, jsp. Mais bon, si ça change un jour, je veux bien une bière. En attendant, on reste dans le flou.

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L

Lacannerie

il y a 1 semaine

Le problème, c'est pas juste Macron. Depuis des années, les lois sont des coquilles vides. On vote pour faire joli, mais après... pfff.

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Quiberon

il y a 1 semaine

Ah ouais, encore une étude qui confirme ce qu'on savait déjà. Bon, on fait quoi ? On attend la prochaine loi qui va finir au placard ?

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M

Michèle du 54

il y a 1 semaine

Moi j'ai vu ça avec la réforme des retraites. Ils votent des trucs mais après, c'est l'ombre qui décide. Bref, on est dans du vent.

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É

Économiste curieux 2024

il y a 1 semaine

@michele-du-54 Franchement, c'est comme si on jouait à 'qui a la plus belle loi' mais sans jamais l'appliquer. Genre, on se fait plaisir entre nous.

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L

Louise54

il y a 1 semaine

Macron et Lecornu II, le duo qui fait de la loi un décor de théâtre.

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C

Corte

il y a 1 semaine

La démocratie française en mode 'on vote pour la forme' ?

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M

Maïwenn Caen

il y a 1 semaine

@corte Exactement ! Et après ils s'étonnent que les gens ne croient plus en rien. Franchement, c'est du grand n'importe quoi.

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