Un agenda parlementaire sous tension
Alors que le pays s'enfonce dans une crise démocratique et que la majorité présidentielle vacille, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé ce mardi un agenda parlementaire chargé jusqu'à l'été. Dans un contexte de fracture politique et de désaffection citoyenne, le gouvernement tente de se recentrer sur les compétences régaliennes de l'État.
Des priorités sécuritaires et régaliennes
L'entourage de Sébastien Lecornu insiste sur la nécessité de protéger les Français face à un environnement géopolitique tendu. Le gouvernement mise sur des mesures symboliques pour rassurer une opinion publique inquiète :
« Dans un contexte budgétaire contraint, la dispersion n'est plus possible. L'État doit revenir à son cœur de métier : protéger, garantir l'ordre public, assurer la souveraineté et la sécurité des Français. »
Parmi les projets phares : la loi de programmation militaire, la sécurité du quotidien, le renforcement des polices municipales, et la justice criminelle.
Des mesures controversées à l'ordre du jour
Plusieurs textes suscitent déjà des vives polémiques, notamment la proposition de loi sur les réseaux sociaux, qui vise à interdire leur accès aux moins de 15 ans. Une mesure liberticide selon les oppositions, mais défendue par le gouvernement comme un outil de protection des jeunes.
Autre sujet explosif : la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), une mesure écologiquement désastreuse selon les écologistes, mais présentée comme une nécessité économique par le gouvernement.
La Corse et les territoires au cœur des débats
Le statut de la Corse sera examiné au Sénat en mai, une réforme attendue depuis des années. Une occasion pour le gouvernement de réaffirmer l'unité nationale, alors que les tensions indépendantistes persistent.
Parallèlement, le projet de loi sur l'allocation sociale unique vise à simplifier les aides sociales, mais risque de précariser davantage les plus vulnérables, selon les associations.
Un calendrier serré avant l'été
De mars à juillet, les députés et sénateurs devront examiner une pluie de textes, dont certains sont déjà fortement contestés. Parmi eux :
- La loi sur la justice criminelle, visant à réduire les délais de jugement.
- Le projet de loi sur la sécurité du quotidien, qui renforce les sanctions pour certaines infractions.
- La réforme des transports, un dossier clé pour les territoires.
Un agenda ambitieux, mais qui pourrait échouer face à l'absence de majorité stable à l'Assemblée.