Une mort qui divise la classe politique
La mort tragique de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, lors d'une altercation à Lyon jeudi soir, a plongé la France dans une nouvelle crise politique. Alors que les proches de la victime accusent des membres du collectif antifasciste La Jeune Garde d'avoir participé à l'agression, les liens supposés entre ce groupe et La France insoumise (LFI) sont au cœur des débats.
La droite accuse LFI de complaisance envers la violence
Dès l'annonce du drame, les réactions politiques se sont multipliées, souvent teintées de polémiques. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, a pointé du doigt l'ultragauche
, évoquant une complaisance de La France insoumise pour la violence
. De son côté, Bruno Retailleau, président des Républicains, a affirmé sur les réseaux sociaux que ce n'est pas la police qui tue en France, mais l'extrême gauche
.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, a également mis en cause LFI, dénonçant des milices d'extrême gauche s'appuyant sur la complaisance et le soutien de partis tels que La France insoumise
. Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les différents partis politiques, alors que la France se prépare pour les élections de 2027.
La Jeune Garde, un collectif sous surveillance
Au cœur de la polémique, La Jeune Garde, un collectif antifasciste lyonnais créé en 2018, est accusé d'avoir participé à l'agression mortelle. Fondé pour lutter contre le Bastion social, un mouvement identitaire dissous en 2019, ce groupe est régulièrement pointé du doigt pour ses méthodes jugées violentes.
L'un de ses membres, Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, est particulièrement visé. Fiché S pour ses engagements à l'ultragauche, Arnault a été condamné en décembre 2025 à quatre mois de prison avec sursis pour des violences volontaires en réunion. Ces antécédents alimentent les critiques contre LFI, accusé de tolérer des comportements violents au sein de ses rangs.
LFI se défend et dénonce un matraquage médiatique
Face aux accusations, Jean-Luc Mélenchon a fermement rejeté toute responsabilité de son mouvement dans le drame lyonnais. Lors d'un meeting à Montpellier dimanche, il a dénoncé un matraquage médiatique permanent qui appelle à la haine contre nous
. Il a également critiqué Bruno Retailleau, l'accusant de récupérer politiquement l'événement.
Les élus LFI ont également pris leurs distances avec les agresseurs, affirmant qu'aucun lien n'existait entre la conférence de l'eurodéputée Rima Hassan et les violences. Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, a souligné que contrairement à ce que certains veulent faire croire, à aucun moment Rima Hassan ou les équipes de La France insoumise n'ont eu de contact avec les groupuscules fascistes
.
Un climat de violence politique en pleine escalade
Cet épisode s'inscrit dans un contexte de montée des tensions politiques en France. Plusieurs permanences LFI ont été vandalisées depuis jeudi, avec des inscriptions comme Justice pour Quentin
. Ces actes de violence, de part et d'autre de l'échiquier politique, illustrent une radicalisation croissante des débats.
Alors que la justice n'a pas encore identifié les responsables de la mort de Quentin Deranque, les accusations politiques se multiplient, alimentant un climat de défiance et de polarisation. Dans ce contexte, la question de la responsabilité des partis politiques dans l'escalade de la violence reste ouverte.