Un projet phare au cœur des tensions lyonnaises
La campagne municipale à Lyon s’enflamme autour du projet de mégatunnel de Jean-Michel Aulas, symbole d’une opposition frontale entre pragmatisme et écologie. Ce projet, annoncé début janvier, prévoit la construction d’un ouvrage souterrain de 8 kilomètres, reliant Tassin-la-demi-Lune à Saint-Fons. Une initiative qui, selon ses détracteurs, incarne une vision réactionnaire des transports, en totale contradiction avec les engagements climatiques de la majorité écologiste actuelle.
Un clivage politique profond
Pour l’ancien homme d’affaires, ce tunnel serait la solution aux embouteillages chroniques du tunnel sous Fourvière, saturé par 110 000 véhicules quotidiens. Une argumentation qui séduit Véronique Sarselli, candidate LR à la métropole, pour qui « la voiture ne disparaîtra pas par magie ». Une position qui rappelle les retards de la droite française sur les questions environnementales, alors que le gouvernement Lecornu II tente de concilier croissance et transition écologique.
Un débat qui dépasse Lyon
Ce projet s’inscrit dans un contexte national où les crises des finances publiques et des vocations politiques fragilisent les collectivités locales. À l’heure où l’Union européenne exige des plans de mobilité durables, Lyon devient un laboratoire des tensions entre modernité et conservatisme. Les écologistes dénoncent un « retour en arrière », tandis que les partisans du tunnel y voient une nécessité économique.
Un symbole des fractures françaises
Au-delà des enjeux locaux, ce débat reflète les dérives autoritaires de certains élus, prêts à sacrifier l’environnement au nom d’une croissance illusoire. Alors que le président Macron appelle à l’innovation, des projets comme celui-ci risquent de fracturer davantage le tissu social, dans un pays déjà divisé par les crises successives.