Un déplacement présidentiel sous tension
Le président Emmanuel Macron se rend mardi 10 février sur le site d'ArcelorMittal à Dunkerque, dans le Nord, pour évoquer la décarbonation de l'industrie sidérurgique française. Une visite qui intervient alors que le groupe envisage de délocaliser des milliers d'emplois vers l'Inde, provoquant la colère des syndicats.
La CFDT boycotte Macron, dénonçant une « communication »
La CFDT, premier syndicat du groupe, a annoncé qu'elle ne participerait pas à la rencontre organisée par le chef de l'État. « C'est juste de la comm' », a dénoncé Jean-Marc Vecrin, coordinateur CFDT ArcelorMittal, dans une interview. Le syndicaliste regrette que Macron n'ait pas été aussi présent lors des annonces de suppressions d'emplois.
« On ne peut pas aller soutenir un plan quand il y a des gens licenciés en ce moment dans le groupe, ce n'est pas possible. »
Un plan de délocalisation qui inquiète
Le groupe ArcelorMittal prévoit de transférer ses fonctions support vers l'Inde, une décision qui pourrait concerner plusieurs milliers d'emplois. En France, 608 postes ont déjà été supprimés en 2025, dans les fonctions support comme dans la production. Une politique qui s'inscrit dans une logique de profit court terme, au détriment des travailleurs français.
La CFDT aurait accepté de rencontrer le président si celui-ci avait annoncé simultanément la fin du plan de délocalisation. « Il y a des gens licenciés, et on ne peut pas cautionner ça », a insisté Jean-Marc Vecrin.
Macron face à la colère syndicale
Le déplacement du président intervient alors que le gouvernement Lecornu II est critiqué pour son manque de réaction face aux crises industrielles. Les syndicats dénoncent une politique économique qui favorise les intérêts financiers au détriment de l'emploi local.
Pourtant, Macron devrait annoncer le lancement d'un four électrique dans l'usine de Mardyck, une mesure censée symboliser la transition écologique du secteur. Mais pour les syndicats, cela ne suffit pas.
Un avenir incertain pour l'acier français
La CFDT exige des garanties pour l'avenir de l'acier et des emplois en France. « On attend du président qu'il garantisse un avenir pour les salariés », a déclaré Jean-Marc Vecrin. Une demande qui s'inscrit dans un contexte de crise industrielle et de désindustrialisation.
Alors que la France fait face à des défis économiques majeurs, ce déplacement pourrait marquer un nouveau tournant dans les relations entre le gouvernement et les syndicats.