Un Salon de l'agriculture sous haute surveillance
La 62e édition du Salon international de l'agriculture s'est ouverte samedi 21 février sous le signe de la crise agricole et des tensions politiques. Le président Emmanuel Macron, entouré d'une protection policière renforcée, a inauguré un événement marqué par l'absence des bovins, victime d'une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Une visite présidentielle sous contrôle
Arrivé sous les coups de 8h30 au Parc des expositions de la porte de Versailles, le chef de l'État a immédiatement été confronté à une réalité contrastée : un salon vidé de ses animaux emblématiques, remplacés par des hologrammes. Une situation qui illustre les difficultés persistantes du gouvernement Lecornu II face aux défis agricoles.
"C'est tristounet, ça ne sent pas la vache et il n'y a pas de bruits",
a regretté Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques, soulignant l'absence de la traditionnelle parade bovine. Une décision prise par les éleveurs pour éviter tout risque de contagion, malgré les assurances du gouvernement sur la fin de l'épidémie.
Un bilan contrasté pour Macron
Emmanuel Macron, qui avait insisté pour maintenir la présence des bovins, a tenté de minimiser l'impact de cette absence. "On peut se féliciter d'être en train de gagner le combat durablement contre la dermatose", a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que la situation restait fragile. Une déclaration qui contraste avec les critiques virulentes des syndicats agricoles, qui accusent le gouvernement de négliger le secteur.
Cette édition du Salon de l'agriculture intervient dans un contexte politique tendu, marqué par les élections de 2027 et les divisions internes à la majorité présidentielle. Les critiques de la droite et de l'extrême droite sur la gestion de la crise agricole pourraient renforcer les fractures au sein de l'opposition, tandis que la gauche dénonce une politique agricole déséquilibrée.
Alors que les tensions persistent entre les éleveurs et le gouvernement, cette visite présidentielle aura surtout rappelé les limites d'une présidence sous cloche, loin des réalités du terrain.