Macron à l'agriculture : un salon sous tension, une présidence sous cloche

Par Aporie 21/02/2026 à 23:16
Macron à l'agriculture : un salon sous tension, une présidence sous cloche
Photo par julien Tromeur sur Unsplash

Macron inaugurait un Salon de l'agriculture sans bovins, sous haute tension politique et sanitaire. Crise agricole, syndicats en colère et gouvernement sous pression.

Un Salon de l'agriculture sous haute surveillance

La 62e édition du Salon international de l'agriculture s'est ouverte samedi 21 février sous le signe de la crise agricole et des tensions politiques. Le président Emmanuel Macron, entouré d'une protection policière renforcée, a inauguré un événement marqué par l'absence des bovins, victime d'une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Une visite présidentielle sous contrôle

Arrivé sous les coups de 8h30 au Parc des expositions de la porte de Versailles, le chef de l'État a immédiatement été confronté à une réalité contrastée : un salon vidé de ses animaux emblématiques, remplacés par des hologrammes. Une situation qui illustre les difficultés persistantes du gouvernement Lecornu II face aux défis agricoles.

"C'est tristounet, ça ne sent pas la vache et il n'y a pas de bruits",

a regretté Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques, soulignant l'absence de la traditionnelle parade bovine. Une décision prise par les éleveurs pour éviter tout risque de contagion, malgré les assurances du gouvernement sur la fin de l'épidémie.

Un bilan contrasté pour Macron

Emmanuel Macron, qui avait insisté pour maintenir la présence des bovins, a tenté de minimiser l'impact de cette absence. "On peut se féliciter d'être en train de gagner le combat durablement contre la dermatose", a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que la situation restait fragile. Une déclaration qui contraste avec les critiques virulentes des syndicats agricoles, qui accusent le gouvernement de négliger le secteur.

Cette édition du Salon de l'agriculture intervient dans un contexte politique tendu, marqué par les élections de 2027 et les divisions internes à la majorité présidentielle. Les critiques de la droite et de l'extrême droite sur la gestion de la crise agricole pourraient renforcer les fractures au sein de l'opposition, tandis que la gauche dénonce une politique agricole déséquilibrée.

Alors que les tensions persistent entre les éleveurs et le gouvernement, cette visite présidentielle aura surtout rappelé les limites d'une présidence sous cloche, loin des réalités du terrain.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (11)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

S

Spirale

il y a 20 heures

On en est là parce qu'on a oublié les leçons de 1968. À l'époque, la France avait compris que l'agriculture était un pilier. Aujourd'hui, on la traite comme un secteur secondaire. Et ça, c'est une erreur historique.

1
Z

Zeitgeist

il y a 21 heures

Économiquement, c'est une catastrophe. La France importe de plus en plus de produits agricoles alors qu'on a les terres et les savoir-faire. Si ça continue, on va finir par dépendre des pays de l'Est. Et ça, c'est un vrai problème de souveraineté.

0
M

Max95

il y a 21 heures

Non mais sérieux, les agriculteurs ils ont raison de gueuler !!! Les prix des intrants explosent, les aides baissent, et en plus ils se font taxer sur tout !!! Franchement, c'est quoi le plan ???

3
L

La Clusaz

il y a 22 heures

Mouais, franchement, entre les GJ, les agriculteurs et les retraités, on dirait qu'il a fait exprès de se mettre tout le monde à dos. Bof, m'enfin...

3
G

ghi

il y a 22 heures

Stratégie de communication désastreuse. En évitant les bovins, Macron a symboliquement fui le conflit. Dommage, car un vrai dialogue aurait pu désamorcer la colère. Mais bon, on connaît la recette : promesses, reports, et silence radio après les élections.

-3
C

corte

il y a 23 heures

Nooooon mais sérieux ??? Il a même pas osé aller voir les éleveurs en colère !!! Sa politique c'est que de la merde, ptdr !!!

3
T

ThirdEye

il y a 21 heures

@corte-2 T'es un peu extrême non ? Il a quand même annoncé des mesures... Bon, ok, c'est pas suffisant, mais faut pas tout mélanger. @loic-29, t'es d'accord avec moi ou pas ?

0
N

Nocturne

il y a 23 heures

Macron en mode 'j'ai pas les couilles de gérer les vaches, je préfère les robots'.

0
E

EdgeWalker3

il y a 1 jour

Comme d'hab, le président se fait huer en mode 'je vous écoute mais je fais ce que je veux'. 2017, 2022, 2024... même scénario.

-2
H

HGW_304

il y a 22 heures

@edgewalker3 Exact !!! Et en plus il a le culot de dire qu'il 'écoute' !!! Mdr, écouter ça veut dire quoi ??? Il va rien changer du tout !!!

0
L

Loïc-29

il y a 1 jour

La communication du gouvernement sur la crise agricole est un échec patent. En Allemagne, les subventions aux agriculteurs ont été augmentées de 12% l'an dernier, alors qu'ici on se contente de discours. La France a perdu son leadership agricole, et Macron semble l'avoir compris trop tard.

7
Publicité