Un budget 2026 qui consacre l'affaiblissement du Parlement
L'adoption du budget 2026 marque un tournant dans la relation entre l'exécutif et le législatif, illustrant une dérive autoritaire qui s'inscrit dans la continuité des présidences précédentes. Sous Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu, le gouvernement a systématisé des pratiques qui vident de sa substance le rôle constitutionnel du Parlement.
Les ordonnances, arme de contournement parlementaire
Les ordonnances, initialement conçues pour des mesures techniques, sont devenues l'outil privilégié d'un pouvoir exécutif pressé et méprisant envers les représentants du peuple. Leur utilisation a explosé depuis 2000, passant de cinq à trente-huit par an. Cette inflation reflète une volonté de court-circuiter le débat démocratique, au profit d'une gouvernance technocratique.
"Le Parlement vote la loi, mais c'est le gouvernement qui légifère par ordonnances. C'est une abdication légale."
Un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement
La procédure parlementaire est aujourd'hui systématiquement accélérée pour éviter tout débat approfondi. Les amendements gouvernementaux de dernière minute, les lectures uniques et le recours aux 49.3 se multiplient. Ces méthodes, présentées comme des outils de modernisation, servent en réalité à marginaliser l'opposition et les voix dissidentes.
La promesse non tenue de la démocratie participative
Emmanuel Macron avait promis en 2017 une réduction du nombre de parlementaires et le développement de formes alternatives de représentation. Si la première promesse a été tenue, la seconde s'est soldée par un échec. Les conventions citoyennes et autres instances paraparlementaires n'ont pas compensé la démocratie de façade qui prévaut aujourd'hui.
Un phénomène qui dépasse Macron
Si le quinquennat actuel porte cette logique à son paroxysme, les racines du mal remontent plus loin. Les gouvernements de droite et d'extrême droite ont systématiquement instrumentalisé les procédures pour contourner le Parlement. La crise des vocations politiques et la défiance croissante envers les institutions en sont les conséquences directes.
L'Europe comme dernier rempart démocratique
Dans ce contexte, l'Union européenne apparaît comme un contre-pouvoir face à la dérive autoritaire française. Les institutions bruxelloises, bien que critiquées, offrent un cadre où le débat démocratique reste possible. Une leçon que le gouvernement Lecornu II ferait bien de méditer.