Une proposition de loi controversée en débat à l'Assemblée
Ce lundi 26 janvier 2026, l'Assemblée nationale examine une proposition de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Portée par la députée Renaissance Laure Miller et soutenue par le président Emmanuel Macron, cette mesure s'inscrit dans une volonté affichée de protéger les jeunes des dangers du numérique.
Quelles plateformes seraient concernées ?
Le texte, encore flou sur ce point, prévoit une interdiction générale avec des exceptions pour les encyclopédies en ligne comme Wikipédia. Les réseaux sociaux comme Snapchat, Facebook ou X pourraient être soumis à une autorisation parentale. Une approche jugée trop restrictive par certains députés de gauche, qui craignent une atteinte aux libertés numériques.
Vérification de l'âge : un défi technique et éthique
La proposition de loi s'inspire des méthodes de vérification d'âge déjà en vigueur pour les sites pornographiques. Deux options sont envisagées : la vérification par pièce d'identité ou l'estimation d'âge via algorithme. Cette dernière, moins intrusive, soulève des questions sur son efficacité pour les adolescents proches de la limite d'âge.
« Les technologies de vérification d'âge devront veiller à transmettre les données strictement nécessaires. »
Le ministère du Numérique assure que les solutions retenues seront « précises, fiables, robustes, non intrusives et non discriminatoires ». Une promesse qui reste à concrétiser, alors que les critiques sur les risques de surveillance accrue se multiplient.
Un texte en phase avec les valeurs européennes ?
La proposition de loi doit respecter le règlement européen sur les services numériques (DSA). Une exigence qui rappelle les difficultés rencontrées par une loi similaire en 2023, jamais appliquée en raison de son non-conformité au droit européen. La députée Laure Miller mise sur une approche indirecte : rendre illicites les comptes de mineurs en France pour forcer les plateformes à s'y conformer.
La gauche dénonce une mesure liberticide
Si le texte est globalement consensuel dans l'hémicycle, il suscite des réserves à gauche. Le député socialiste Arthur Delaporte interroge la compatibilité de cette mesure avec les principes démocratiques. « On réserve notre position », explique-t-il, tout en exigeant des garanties sur les exceptions pour les réseaux sociaux « protecteurs et adaptés ».
Un enjeu de société au cœur des débats
Au-delà des questions techniques, cette proposition de loi soulève un débat plus large sur la place des écrans dans la vie des jeunes. Alors que la cyberdépendance et le cyberharcèlement progressent, le gouvernement justifie cette mesure par une volonté de « protéger les plus jeunes ». Une approche saluée par les associations de parents, mais critiquée par les défenseurs des libertés numériques.
Reste à savoir si cette loi, si elle est adoptée, parviendra à concilier protection des mineurs et respect des libertés individuelles. Un équilibre délicat dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la vie sociale des adolescents.