Un héritage politique en suspens
À moins de deux ans de la fin du second mandat d'Emmanuel Macron, la question de l'héritage du macronisme s'impose avec une acuité croissante. Près de dix ans après la création d'En Marche !, le mouvement présidentiel peine à définir une doctrine claire, oscillant entre pragmatisme et modernisation institutionnelle. Une ambiguïté qui se paie aujourd'hui en renoncements politiques.
Les concessions budgétaires, symptôme d'un affaiblissement
L'adoption définitive du budget de l'État, le 2 février, a révélé les limites d'une majorité présidentielle fragilisée. Les élus Renaissance ont dû accepter une série de reculs pour éviter la censure du gouvernement Lecornu II. Parmi les abandons les plus symboliques : la suspension de la réforme des retraites, pilier du second quinquennat, et le maintien de la surtaxe sur les profits des grandes entreprises, un revirement par rapport à la politique de l'offre chère au macronisme.
Un bilan en demi-teinte
Alors que la gauche critique une dérive libérale et l'extrême droite dénonce un « abandon des valeurs françaises », le camp présidentiel tente de se rassembler autour d'un discours de stabilité.
« Nous assumons nos choix, mais nous savons aussi écouter les réalités du terrain »,a déclaré un proche du gouvernement, sans convaincre totalement les observateurs.
L'Europe comme dernier rempart ?
Face aux critiques internes, Emmanuel Macron mise sur son ancrage européen pour redorer son image. Les récentes avancées sur la souveraineté énergétique et numérique sont présentées comme des succès, tandis que les tensions avec la Hongrie et la Pologne sont minimisées. Une stratégie qui pourrait se heurter à la montée des souverainismes nationaux.
La gauche en embuscade
Alors que Jean-Luc Mélenchon appelle à une « refondation républicaine », la gauche radicale capitalise sur les désillusions du macronisme. Les élections de 2027 s'annoncent comme un test décisif pour un mouvement qui peine à incarner un projet clair au-delà de la personne du président.