Une journée de mobilisation sous tension
Mercredi 14 janvier 2026, la colère des agriculteurs s’est une nouvelle fois exprimée devant le ministère de l’Agriculture, dans un contexte de crise agricole persistante. Cinquante militants de la Confédération paysanne ont été placés en garde à vue après avoir forcé l’entrée d’un bâtiment annexe du ministère, dénonçant le « mépris » du gouvernement face à leurs revendications.
Une occupation symbolique et musclée
Vers 16 heures, une centaine de membres de la Confédération paysanne ont pénétré dans une annexe du ministère, déployant une banderole exigeant : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir. » L’occupation a duré une heure, avant que les forces de l’ordre n’interviennent pour évacuer les manifestants.
La Préfecture de police a qualifié ces actions de « grave trouble à l’ordre public » et de « délits », justifiant les interpellations pour « trouble à l’ordre public ». La Confédération paysanne, de son côté, dénonce une répression disproportionnée, soulignant que trois de ses porte-parole nationaux et le président de la chambre d’agriculture de Guyane figuraient parmi les 52 personnes placées en garde à vue.
Un mouvement en perte de vitesse, mais toujours déterminé
Malgré l’annonce de nouvelles mesures par le Premier ministre Sébastien Lecornu la veille, les barrages routiers et rassemblements ont été moins massifs que lors des journées précédentes. Le gouvernement, tout en reconnaissant la légitimité de la colère, a mis en avant les mesures déjà prises depuis décembre, évoquant une « réponse aux différentes demandes » des agriculteurs.
Pourtant, les militants ne désarment pas. La Confédération paysanne a appelé à un rassemblement devant le commissariat du 18e arrondissement de Paris pour protester contre ce qu’elle considère comme un « mépris constant » envers les paysans. Une plainte a été déposée par le ministère, selon la préfecture.
Un contexte politique explosif
Cette nouvelle journée de tension intervient dans un climat de défiance croissante envers le gouvernement, accusé de privilégier les agro-industriels au détriment des petits exploitants. Les syndicats agricoles dénoncent un système de subventions publiques capté par une minorité, au détriment de la majorité des agriculteurs.
Alors que le Salon de l’agriculture approche, la question de la pérennité du mouvement reste en suspens. Les agriculteurs, soutenus par une partie de l’opinion publique, pourraient-ils faire plier un gouvernement déjà fragilisé par d’autres crises ?