Un gouvernement sous pression face à la crise agricole
Alors que les tensions montent dans le monde agricole, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de sauver la face en annonçant une accélération de la vaccination contre la dermatose nodulaire. Une mesure qui arrive trop tard pour de nombreux éleveurs, qui dénoncent une gestion désastreuse de la crise.
Des manifestations qui paralysent le pays
Mardi 16 décembre, des centaines d'éleveurs ont bloqué des axes routiers et ferroviaires à travers la France. En Gironde, deux femmes ont été grièvement blessées après avoir percuté un barrage de sable installé par des manifestants. Un drame qui illustre la radicalisation croissante du mouvement.
"Personne ne veut voir son outil de travail et ses animaux partir comme ça. Les animaux, la relation qu'on a avec eux, ce n'est pas du matériel",
déclare Vincent Collineau, coprésident de la Coordination rurale de Gironde, résumant l'exaspération des professionnels.
Une stratégie vaccinale critiquée
Les éleveurs reprochent au gouvernement son manque de réactivité. "Votre protocole, il n'est pas bon. On va arrêter d'abattre. C'est une certitude", lance Benjamin Bajada, président de la Coordination rurale de l'Hérault. Une colère qui fait écho aux critiques récurrentes contre la politique agricole du gouvernement.
L'armée mobilisée en renfort
Face à la montée des tensions, le gouvernement a décidé de mobiliser les vétérinaires de l'armée, ainsi que des retraités et des étudiants, pour accélérer la vaccination. Une mesure qui apparaît comme un aveu d'impuissance pour certains observateurs.
"L'urgence absolue, précisément, c'est d'accélérer cette vaccination. Et pour cela, on a besoin de doses. On a besoin de lever un certain nombre de freins logistiques",
a déclaré Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale, tentant de rassurer les députés.
Un bilan lourd pour les éleveurs
Dans les prochains jours, 750 000 bovins devraient être vaccinés. Mais pour de nombreux éleveurs, ces mesures arrivent trop tard. "Si j'ai la maladie, je ne sais pas si vraiment je pourrai continuer à faire ce métier", confie un jeune agriculteur près de Toulouse.
Une crise qui s'inscrit dans un contexte plus large
Cette crise agricole intervient alors que le gouvernement fait face à de multiples défis, notamment sur le plan économique et international. La France, engagée dans une politique pro-européenne, doit concilier les impératifs sanitaires et les attentes des professionnels du secteur.
Alors que les manifestations se poursuivent, le gouvernement tente de trouver des solutions pour apaiser les tensions. Mais dans un climat de défiance croissante, la tâche s'annonce ardue.