Un procès sous haute tension
Mardi 20 janvier 2026, le procès en appel de Marine Le Pen s'est ouvert devant la cour d'appel de Paris. La présidente du Rassemblement national, condamnée en première instance pour détournement de fonds européens, joue son avenir politique dans cette affaire qui secoue l'extrême droite française.
Une défense en mutation
Dès l'ouverture de l'audience, Marine Le Pen a adopté une stratégie de défense plus nuancée. « Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu'un délit a été commis –, je veux bien l'entendre », a-t-elle déclaré, marquant une inflexion par rapport à sa ligne initiale. Une approche qui contraste avec les dénégations en bloc de ses précédents procès.
Le « système » contesté
Face aux accusations de détournement de fonds publics européens entre 2004 et 2016, Marine Le Pen a fermement rejeté l'idée d'un « système » organisé. « Le terme me gêne parce qu'on a le sentiment d'une manipulation », a-t-elle affirmé. Elle a reconnu l'existence d'« assistants mutualisés », mais a insisté sur le fait que ces pratiques n'étaient pas systématiques.
La leader d'extrême droite a également souligné que le Parlement européen était informé de ces arrangements depuis des années. « Il était au courant de la mutualisation des assistants pendant dix ans. La situation ne posait pas de problème », a-t-elle déclaré, minimisant ainsi la gravité des faits reprochés.
Des contradictions dans les témoignages
L'interrogatoire a révélé des tensions lorsque la présidente de la cour a évoqué une réunion de mai 2014, où Marine Le Pen aurait demandé aux eurodéputés du FN de privilégier des assistants parlementaires membres du parti. « C'est faux ! », a-t-elle rétorqué avec force, niant toute intention de détourner les fonds européens.
Un échange de mails entre l'ancien eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser et le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, a également été évoqué. Dans ces échanges, Schaffhauser alertait sur les risques de « signer pour des emplois fictifs ». Une révélation qui a mis en lumière les tensions internes au sein du parti.
Un enjeu politique majeur
Ce procès intervient dans un contexte politique tendu, alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques. La crise des vocations politiques et la montée des extrêmes en Europe ajoutent une dimension supplémentaire à cette affaire.
Pour Marine Le Pen, une condamnation en appel pourrait sonner le glas de ses ambitions présidentielles. Une issue qui renforcerait la gauche, déjà en position de force face à un Rassemblement national fragilisé.