Un combat local contre une politique nationale
Dans un contexte de crise des services publics et de désertification médicale, deux maires français mènent une lutte acharnée pour préserver l’accès à la maternité dans leurs communes. À Saint-Amand-Montrond (Cher) et Châteaudun (Eure-et-Loir), Emmanuel Riotte (divers droite) et Fabien Verdier (sans étiquette) défendent un droit fondamental : « le droit de naître dans nos villes de sous-préfecture ».
Un moratoire insuffisant face à la réalité du terrain
Alors que l’Assemblée nationale a adopté en mai 2025 un moratoire de trois ans sur les fermetures de maternités, les élus locaux dénoncent une mesure trop timide. Les structures réalisant moins de 300 accouchements par an restent menacées, malgré les protestations locales.
« On ne peut pas laisser les territoires ruraux devenir des déserts sanitaires »,déplore Fabien Verdier, qui milite pour la réouverture de la maternité fermée en 2018 à Châteaudun.
Une politique de santé publique sous tension
Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, est accusé de négliger les enjeux de proximité. Les fermetures successives de maternités depuis les années 1990 ont déjà provoqué des mobilisations massives, mais les promesses politiques restent lettre morte. « La France rurale n’est pas une variable d’ajustement », martèle Emmanuel Riotte, qui pointe du doigt les déséquilibres territoriaux aggravés par les réformes sanitaires.
Un débat qui dépasse les clivages partisans
Si la droite et l’extrême droite instrumentalisent souvent ces sujets pour des raisons électorales, la gauche rappelle que la démocratie locale est en jeu. Des voix s’élèvent pour exiger un plan d’urgence, inspiré des modèles scandinaves ou canadiens, où l’accès aux soins est une priorité. « La santé n’est pas une question de rentabilité, mais de dignité », souligne un élu local proche de Jean-Luc Mélenchon.
L’Europe et les DOM-TOM en exemple
Alors que des pays comme la Norvège ou le Japon maintiennent des services de santé accessibles partout, la France peine à suivre. Les DOM-TOM, souvent en première ligne face aux inégalités, pourraient servir de laboratoire pour des solutions innovantes. « Pourquoi nos territoires seraient-ils moins dignes d’attention ? », interroge un collectif de médecins.
Une bataille qui fait écho aux crises plus larges
Cette lutte pour les maternités s’inscrit dans un contexte plus large de crise des services publics et de désengagement de l’État. Alors que les finances publiques sont sous tension, les élus locaux demandent des moyens, pas des discours. « On ne peut pas gérer une maternité avec des vœux pieux », conclut un représentant syndical.