Maternités en péril : la bataille des maires contre la désertification médicale

Par Aporie 16/02/2026 à 12:21
Maternités en péril : la bataille des maires contre la désertification médicale

Maternités en péril : deux maires luttent pour sauver leurs services face à la désertification médicale. Un combat qui interroge la politique sanitaire du gouvernement.

Un combat local contre une politique nationale

Dans un contexte de crise des services publics et de désertification médicale, deux maires français mènent une lutte acharnée pour préserver l’accès à la maternité dans leurs communes. À Saint-Amand-Montrond (Cher) et Châteaudun (Eure-et-Loir), Emmanuel Riotte (divers droite) et Fabien Verdier (sans étiquette) défendent un droit fondamental : « le droit de naître dans nos villes de sous-préfecture ».

Un moratoire insuffisant face à la réalité du terrain

Alors que l’Assemblée nationale a adopté en mai 2025 un moratoire de trois ans sur les fermetures de maternités, les élus locaux dénoncent une mesure trop timide. Les structures réalisant moins de 300 accouchements par an restent menacées, malgré les protestations locales.

« On ne peut pas laisser les territoires ruraux devenir des déserts sanitaires »,
déplore Fabien Verdier, qui milite pour la réouverture de la maternité fermée en 2018 à Châteaudun.

Une politique de santé publique sous tension

Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, est accusé de négliger les enjeux de proximité. Les fermetures successives de maternités depuis les années 1990 ont déjà provoqué des mobilisations massives, mais les promesses politiques restent lettre morte. « La France rurale n’est pas une variable d’ajustement », martèle Emmanuel Riotte, qui pointe du doigt les déséquilibres territoriaux aggravés par les réformes sanitaires.

Un débat qui dépasse les clivages partisans

Si la droite et l’extrême droite instrumentalisent souvent ces sujets pour des raisons électorales, la gauche rappelle que la démocratie locale est en jeu. Des voix s’élèvent pour exiger un plan d’urgence, inspiré des modèles scandinaves ou canadiens, où l’accès aux soins est une priorité. « La santé n’est pas une question de rentabilité, mais de dignité », souligne un élu local proche de Jean-Luc Mélenchon.

L’Europe et les DOM-TOM en exemple

Alors que des pays comme la Norvège ou le Japon maintiennent des services de santé accessibles partout, la France peine à suivre. Les DOM-TOM, souvent en première ligne face aux inégalités, pourraient servir de laboratoire pour des solutions innovantes. « Pourquoi nos territoires seraient-ils moins dignes d’attention ? », interroge un collectif de médecins.

Une bataille qui fait écho aux crises plus larges

Cette lutte pour les maternités s’inscrit dans un contexte plus large de crise des services publics et de désengagement de l’État. Alors que les finances publiques sont sous tension, les élus locaux demandent des moyens, pas des discours. « On ne peut pas gérer une maternité avec des vœux pieux », conclut un représentant syndical.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (7)

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B

BookWorm

il y a 3 jours

Le problème dépasse la question des moyens. C'est un choix politique : privilégier les gros hôpitaux urbains au détriment des territoires ruraux. Et ça, c'est une stratégie de désertification médicale assumée.

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G

Gavroche

il y a 3 jours

@bookworm Ouai mais genre... c'est pas juste des chiffres, c'est des vies ! Ma cousine a failli accoucher dans la voiture à cause de ça. Franchement, c'est dégueu.

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C

Carcassonne

il y a 4 jours

Nooooon ??? Mais c'est quoi ce pays ??? On est en 2024 et on doit faire 1h de route pour accoucher ??? Sérieux ???

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L

Léo-79

il y a 4 jours

Quand est-ce qu'on va enfin comprendre que la santé publique n'est pas un luxe ?

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I

Izarra

il y a 4 jours

Macron promet des réformes, mais les maternités ferment. C'est ça, la France en 2024 : des mots et des fermetures.

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A

arthur53

il y a 4 jours

En tant que père de famille, je comprends l'angoisse de ces maires. Comment on peut laisser fermer des maternités sans alternative ? Le gouvernement ferme les yeux, comme d'hab...

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M

Malo du 40

il y a 4 jours

@arthur53 Tout à fait ! Moi j'ai vécu ça en Bretagne, on nous a dit 'allez à 50km'. Mais qui a 50€ pour faire 100km aller-retour ? Franchement, c'est une honte.

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