Mercosur : la droite extrême échoue à renverser Von der Leyen, mais l'accord vacille

Par Éclipse 22/01/2026 à 14:07
Mercosur : la droite extrême échoue à renverser Von der Leyen, mais l'accord vacille
Photo par Amin Zabardast sur Unsplash

Le Parlement européen rejette une motion de censure contre Ursula von der Leyen, mais l'accord Mercosur est menacé par un recours à la CJUE.

Une motion de censure rejetée, mais un accord commercial en péril

Le Parlement européen a largement rejeté jeudi 22 janvier une motion de censure visant Ursula von der Leyen, portée par le groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe. Cette tentative, centrée sur les critiques contre l’accord commercial avec les pays du Mercosur, a recueilli 390 voix contre, 165 pour et dix abstentions. Pour être adoptée, elle nécessitait une majorité des deux tiers des suffrages exprimés, représentant la majorité des 720 eurodéputés.

Cette motion est la quatrième à laquelle échappe la présidente de la Commission européenne, issue de la droite. Cette fois, elle a bénéficié du soutien des eurodéputés de la droite française, qui avaient été les seuls, en octobre, à soutenir une tentative similaire. « La véritable censure du Mercosur a été votée hier grâce à la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE », a déclaré l’eurodéputé François-Xavier Bellamy (PPE), soulignant que ce recours, soutenu de justesse mercredi par 334 voix contre 324, rendait « de facto caduque » la motion de censure.

Un revers pour Von der Leyen et un soulagement pour les agriculteurs

La saisine de la CJUE constitue un revers pour Ursula von der Leyen, qui avait défendu cet accord supprimant les droits de douane sur plus de 90 % des échanges bilatéraux. La Cour devra désormais vérifier la conformité de l’accord, signé samedi au Paraguay après plus de 25 ans de négociations, avec les traités européens. Avant toute décision de la justice, la Commission peut appliquer le traité à titre provisoire, bien que Bruxelles ait exprimé sa « profonde déception » après le vote.

Cette décision intervient alors que des milliers d’agriculteurs français s’étaient rassemblés devant le Parlement européen pour protester contre l’accord, perçu comme une menace pour leurs intérêts. « Désormais, notre combat est gagné », a affirmé Bellamy, illustrant les divisions au sein du Parlement sur cette question.

Un contexte politique tendu en France

En France, où la crise agricole et politique sanitaire domine les débats, cette affaire s’inscrit dans un climat de tensions accrues entre les partisans d’une Europe forte et ceux qui prônent un repli nationaliste. Le gouvernement Lecornu II, dirigé par Sébastien Lecornu, avait déjà exprimé des réserves sur l’accord, mais sans s’opposer frontalement à la Commission européenne.

Alors que la droite et l’extrême droite françaises cherchent à capitaliser sur les mécontentements populaires, cette motion de censure échouée pourrait renforcer les critiques envers Emmanuel Macron, accusé de ne pas suffisamment défendre les intérêts agricoles. « L’Europe ne doit pas être un bouc émissaire », a rappelé un porte-parole du gouvernement, rappelant l’importance des accords commerciaux pour la croissance économique.

La prochaine étape sera désormais l’examen par la CJUE, dont la décision pourrait redéfinir les relations commerciales entre l’UE et le Mercosur, un partenariat stratégique pour les pays sud-américains comme le Brésil, mais aussi pour les DOM-TOM français, fortement dépendants des échanges agricoles.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (9)

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tregastel

il y a 6 jours

Encore un épisode de la série 'L’UE qui se cherche'. Bientôt la saison 10.

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E

Enora du 69

il y a 6 jours

Regardez ce qui s’est passé avec le CETA : des années de négociations pour un accord qui ne satisfait personne. L’UE a vraiment un problème avec sa politique commerciale. Et les Français, ils en ont marre, c’est clair.

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B

Borrégo

il y a 6 jours

Et si on arrêtait de jouer avec les accords commerciaux comme si c’était un jeu vidéo ?

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É

Épistémè

il y a 6 jours

Un accord mort-né. La Commission a trop tardé.

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A

Anamnèse

il y a 6 jours

Von der Leyen sauve sa peau, mais l’UE perd en crédibilité. Point.

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L

Le Chroniqueur

il y a 6 jours

La droite extrême a encore raté son coup. Mais franchement, est-ce qu’on a vraiment besoin d’un accord avec le Mercosur ? Entre la déforestation et les normes sociales, c’est un vrai casse-tête. Et vous, vous en pensez quoi ?

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P

Ploumanach

il y a 6 jours

@le-chroniqueur La stratégie de la droite extrême était prévisible : créer du bruit pour masquer leurs propres divisions. Mais là, ils ont juste montré leur impuissance. La vraie question, c’est comment Macron va gérer ça sans perdre la face.

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ACE 55

il y a 6 jours

Bon, la motion de censure a échoué, mais l'accord Mercosur est toujours en suspens. @cynique-bienveillant, tu penses que la CJUE va vraiment le rejeter ? J’ai un pote qui bosse dans l’agroalimentaire et il me dit que ça va faire mal...

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Cynique bienveillant

il y a 6 jours

@ace-55 La CJUE a déjà bloqué des accords similaires par le passé. Le problème, c’est que l’équilibre entre normes environnementales et ouverture commerciale est intenable. Et avec les élections européennes qui approchent, personne ne veut prendre le risque politique.

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