Un ralliement qui fait trembler la Côte d’Azur
À quelques semaines des élections municipales, la ville de Nice est le théâtre d’un séisme politique. Jean-Pierre Rivère, figure incontournable du football niçois et président de l’OGC Nice, a officiellement rejoint le camp d’Éric Ciotti (UDR-RN), candidat d’extrême droite pour la mairie. Une décision qui interroge, alors que l’homme d’affaires était jusqu’alors un proche du maire sortant Christian Estrosi (Horizons).
Un engagement surprenant
Installé dans ses bureaux luxueux avec vue sur la promenade des Anglais, Rivère assume son choix : « Je ne trahis pas mes idées, je suis un homme de droite modérée. » Pourtant, son ralliement à une formation classée à l’extrême droite par les observateurs politiques suscite des questions. Comment un homme ayant critiqué par le passé « l’excellente image des hommes politiques » en est-il arrivé là ?
« Je n’aime pas la politique, mais j’aime les projets. »
C’est au nom de « projets » pour Nice que Rivère justifie son engagement. « Cette ville doit être un modèle d’éthique et de transparence », affirme-t-il, tout en critiquant implicitement la gestion actuelle. Sans citer de noms, il laisse entendre que des dysfonctionnements ont motivé son revirement.
Un symbole pour l’extrême droite
Pour Éric Ciotti, ce ralliement est une victoire stratégique. Rivère, homme d’influence et figure respectée, apporte une légitimité inattendue à une campagne qui peine à convaincre au-delà de son électorat traditionnel. Dans un contexte de crise de la démocratie locale, où la défiance envers les élites politiques ne cesse de croître, ce soutien pourrait peser lourd.
Nice, laboratoire des tensions politiques
La ville, souvent perçue comme un bastion de la droite modérée, devient un terrain de confrontation entre différentes sensibilités. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur la cohésion nationale, les divisions locales reflètent un pays fracturé. Et si Nice était le premier maillon d’une chaîne de basculements à droite ?
Avec les élections prévues les 15 et 22 mars, les Niçois devront trancher. Entre le statu quo et la rupture, le choix sera lourd de conséquences, non seulement pour la Côte d’Azur, mais aussi pour l’équilibre politique national.