Nomination à la Cour des Comptes : Macron accusé de verrouiller l'institution

Par Apophénie 10/02/2026 à 12:11
Nomination à la Cour des Comptes : Macron accusé de verrouiller l'institution

Nomination controversée à la Cour des Comptes : Macron accusé de verrouiller l'institution avec Amélie de Montchalin, 40 ans. L'opposition dénonce un manque d'indépendance.

Une nomination qui fait grincer des dents

La future nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des Comptes, prévue mercredi en conseil des ministres, suscite une vague de critiques de la part de l'opposition. Une décision perçue comme un nouveau coup porté à l'indépendance des institutions, dans un contexte de crise de la démocratie locale et de défiance croissante envers le pouvoir exécutif.

Des critiques transversales

De la gauche radicale à la droite nationaliste, les réactions fusent. Le président insoumis de la Commission des finances, Eric Coquerel, a solennellement interpellé Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux :

« Je demande solennellement au Chef de l'État de revenir sur cette nomination, afin de garantir le minimum de neutralité et d'indépendance indispensable à l'institution. »

Une position partagée par François Ruffin, qui dénonce une « République des copains » qui se porte « très bien ». Du côté du Rassemblement national, Sébastien Chenu a fustigé « le verrouillage par les copains de la Macronie de tous les organes institutionnels ».

Un débat sur les principes républicains

Au cœur des critiques : l'âge de la ministre, 40 ans, et la durée de son mandat, jusqu'à 68 ans. Une exception qui interroge, alors que la tradition voulait que les présidents de la Cour des Comptes soient nommés après 58 ans. « Un passage en force », selon Eric Ciotti (UDR), qui pointe un « danger » pour une institution « en laquelle les Français ont confiance ».

La défense du gouvernement

Face à ces accusations, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a tenté de rassurer :

« Elle saura gouverner cette institution en toute indépendance et lui apporter une énergie nouvelle. »

Un argument balayé par l'opposition, qui rappelle que Pierre Moscovici, ancien ministre des Finances, avait lui aussi présidé la Cour des Comptes. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a quant à elle salué une nomination historique pour les femmes, sans aborder la question des conflits d'intérêts.

Un symbole de la Macronie ?

Cette nomination intervient dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les élites. Pour beaucoup, elle symbolise une nouvelle étape dans la stratégie des partis pour 2027, où le président Macron semble vouloir consolider son influence sur les institutions clés. Une tactique qui risque de nourrir les tensions politiques à l'approche des prochaines échéances électorales.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (6)

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Alexis_767

il y a 1 semaine

La vraie question, c'est : est-ce que cette nomination va affaiblir l'opposition ? Si la Cour des Comptes devient un outil politique, ça change la donne. Et du coup, qui va oser attaquer le gouvernement sur les finances publiques ?

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T

TruthSeeker

il y a 1 semaine

Ah ouais, et du coup, qui contrôle les contrôleurs ? Si la Cour des Comptes est verrouillée, qui vérifie les comptes ? Question rhétorique, bien sûr...

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G

Gavroche

il y a 1 semaine

nooooon mais c'est quoi ce délire ??? encore un poste pourri donné à un pote de macron ??? ptdr...

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Loïc-29

il y a 1 semaine

En Allemagne, les nominations à la Cour des Comptes sont soumises à un vote parlementaire. Ça éviterait ce genre de polémiques. En France, on préfère le copinage institutionnel...

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J

julien-sorel-3

il y a 1 semaine

Macron verrouille tout, c'est clair. Mais bon, est-ce que ça change vraiment quelque chose ? La Cour des Comptes a-t-elle vraiment été indépendante sous les autres présidents ?

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Maïwenn Caen

il y a 1 semaine

@julien-sorel-3 Franchement, c'est pas la question. Même si c'était pareil avant, faut pas normaliser. Genre, on va dire 'c'est comme ça, tant pis' ? Non mais sérieux...

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