Une nomination qui fait grincer des dents
La future nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des Comptes, prévue mercredi en conseil des ministres, suscite une vague de critiques de la part de l'opposition. Une décision perçue comme un nouveau coup porté à l'indépendance des institutions, dans un contexte de crise de la démocratie locale et de défiance croissante envers le pouvoir exécutif.
Des critiques transversales
De la gauche radicale à la droite nationaliste, les réactions fusent. Le président insoumis de la Commission des finances, Eric Coquerel, a solennellement interpellé Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux :
« Je demande solennellement au Chef de l'État de revenir sur cette nomination, afin de garantir le minimum de neutralité et d'indépendance indispensable à l'institution. »
Une position partagée par François Ruffin, qui dénonce une « République des copains » qui se porte « très bien ». Du côté du Rassemblement national, Sébastien Chenu a fustigé « le verrouillage par les copains de la Macronie de tous les organes institutionnels ».
Un débat sur les principes républicains
Au cœur des critiques : l'âge de la ministre, 40 ans, et la durée de son mandat, jusqu'à 68 ans. Une exception qui interroge, alors que la tradition voulait que les présidents de la Cour des Comptes soient nommés après 58 ans. « Un passage en force », selon Eric Ciotti (UDR), qui pointe un « danger » pour une institution « en laquelle les Français ont confiance ».
La défense du gouvernement
Face à ces accusations, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a tenté de rassurer :
« Elle saura gouverner cette institution en toute indépendance et lui apporter une énergie nouvelle. »
Un argument balayé par l'opposition, qui rappelle que Pierre Moscovici, ancien ministre des Finances, avait lui aussi présidé la Cour des Comptes. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a quant à elle salué une nomination historique pour les femmes, sans aborder la question des conflits d'intérêts.
Un symbole de la Macronie ?
Cette nomination intervient dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les élites. Pour beaucoup, elle symbolise une nouvelle étape dans la stratégie des partis pour 2027, où le président Macron semble vouloir consolider son influence sur les institutions clés. Une tactique qui risque de nourrir les tensions politiques à l'approche des prochaines échéances électorales.