Une journée de colère à Paris
Jeudi 8 janvier 2026, Paris a été le théâtre d'une mobilisation sans précédent des agriculteurs français. Malgré les interdictions, des convois de tracteurs ont envahi la capitale, bloquant des axes majeurs et provoquant des heurts avec les forces de l'ordre. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a été prise à partie par des manifestants en colère, illustrant la radicalisation du mouvement.
Un rejet massif du Mercosur
Les agriculteurs dénoncent avec virulence l'accord commercial avec le Mercosur, qu'ils jugent délétère pour l'agriculture française. « C'est très hypocrite de la part de notre classe dirigeante de nous contraindre à cela », a déclaré Karine Duc, de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne. Les manifestants estiment que cet accord favorise une concurrence déloyale, mettant en péril leur survie économique.
Un dialogue rompu avec les institutions
Yaël Braun-Pivet a tenté d'engager le dialogue, mais les échanges ont rapidement tourné court.
« On attend beaucoup de choses, mais malheureusement, on a peur de ne rien obtenir, comme d'habitude », a confié Jean-Charles Demonchaux, de la Coordination rurale du Cher. Les agriculteurs ont exprimé leur méfiance envers un gouvernement qu'ils accusent de négliger leurs revendications.
Des blocages symboliques et violents
Les manifestants ont bloqué des points stratégiques, comme l'Arc de Triomphe et la tour Eiffel. Un arbre a même été abattu pour bloquer la circulation sur l'A13. Le gouvernement a promis la fermeté, qualifiant ces actions d'illégales. Un incident a été signalé en Eure-et-Loir, où un convoi a forcé un barrage de gendarmerie.
Une crise qui dépasse le cadre agricole
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale. Les agriculteurs, soutenus par des riverains, dénoncent une politique incohérente, notamment en matière d'écologie. « Depuis des années, on nous parle d'écologie, mais avec le Mercosur, cela va complètement à l'encontre de tout ce qu'on nous dit », a souligné une manifestante.
Un avertissement pour l'avenir
Adrien Mary, agriculteur en Eure-et-Loire, a lancé un avertissement solennel :
« Le jour où il n'y aura plus d'agriculture en France, il n'y aura plus de production de nourriture. Ça voudra dire qu'on sera tributaires des pays étrangers. »Une critique implicite des accords commerciaux avec des pays comme le Brésil, souvent perçus comme moins respectueux des normes environnementales.
Un gouvernement sous pression
Le premier ministre Sébastien Lecornu et le président Emmanuel Macron font face à une montée des tensions. La droite et l'extrême droite pourraient instrumentaliser cette crise pour affaiblir le pouvoir en place. La gauche, quant à elle, appelle à une réforme profonde des accords commerciaux, en phase avec les valeurs européennes.