Une rencontre tendue sous haute tension
Jeudi 8 janvier 2026, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a été violemment huée par des agriculteurs en colère rassemblés devant l'institution. Les cris de « Démission » et « Vous êtes une honte » ont retenti, tandis qu'un projectile a été lancé en sa direction. Cette confrontation symbolise l'exaspération croissante d'une profession en crise, confrontée à des difficultés économiques et à un sentiment d'abandon par les pouvoirs publics.
Un climat de défiance envers le gouvernement
La Coordination rurale, syndicat à l'origine de la mobilisation, exige un « signal très fort » de la part du Premier ministre Sébastien Lecornu, attendu vendredi. Les agriculteurs réclament des mesures d'urgence avant même le vote du budget, dénonçant une politique agricole jugée inadaptée et insuffisante face aux défis actuels.
La ministre de l'Agriculture tente d'apaiser la colère
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a appelé au maintien du calme, reconnaissant les revendications légitimes des agriculteurs. Une déclaration perçue par certains comme un aveu d'impuissance face à la crise.
« Les inquiétudes de la profession sont compréhensibles, mais les solutions doivent venir d'une volonté politique forte »,a-t-elle déclaré, sans toutefois annoncer de mesures concrètes.
Un contexte de crise agricole et politique
Cette tension intervient dans un contexte de crise agricole persistante, marquée par des difficultés économiques, des réglementations perçues comme contraignantes et un manque de soutien financier. Les agriculteurs dénoncent une politique agricole commune (PAC) insuffisamment réformée et un gouvernement détourné des réalités du terrain.
La gauche appelle à un changement de cap
Les partis de gauche, comme La France Insoumise, ont saisi l'occasion pour critiquer la gestion du gouvernement. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « politique de classe au service des lobbies », tandis que le Parti Socialiste a appelé à une table ronde nationale pour réformer en profondeur la politique agricole.
La droite et l'extrême droite instrumentalise la colère
À l'inverse, la droite et l'extrême droite ont tenté de capitaliser sur la colère des agriculteurs, promettant des solutions simplistes et des mesures protectionnistes. Marine Le Pen a appelé à un « retrait immédiat » des normes européennes jugées trop contraignantes, une position critiquée par les défenseurs de l'Union européenne.
L'Europe dans le viseur
La crise agricole française s'inscrit dans un débat plus large sur la politique agricole commune (PAC). Certains agriculteurs dénoncent des normes environnementales excessives, tandis que d'autres défendent une transition écologique juste. Le gouvernement français, sous pression, devra arbitrer entre ces positions divergentes.
Une rencontre en urgence à l'Assemblée
Une réunion entre les représentants syndicaux et Yaël Braun-Pivet est prévue dans l'après-midi, à 14 heures. Les agriculteurs espèrent des engagements concrets, mais le scepticisme reste de mise. « On ne veut plus de promesses, on veut des actes », a déclaré un porte-parole de la Coordination rurale.