Pontivy : le quotidien épuisant des ATSEM, symbole d'une crise des services publics sous Macron

Par Apophénie 19/02/2026 à 17:25
Pontivy : le quotidien épuisant des ATSEM, symbole d'une crise des services publics sous Macron
Photo par Egor Myznik sur Unsplash

Pontivy : le quotidien épuisant des ATSEM révèle une crise des services publics sous Macron. Manque de personnel, tâches surchargées, mépris institutionnel.

Un métier essentiel, mais sous-financé et méprisé

À Pontivy, dans le Morbihan, Émilie Le Neillon, 40 ans, incarne le quotidien épuisant des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM). Entre gestion des repas, surveillance des enfants et manque criant de personnel, son témoignage révèle les failles d'un système éducatif en crise, aggravé par les politiques d'austérité du gouvernement Lecornu II.

Des conditions de travail indignes

La boîte repas en verre, à peine entamée, témoigne d'une pause déjeuner sacrifiée. La cloche a sonné, et les 15 enfants de l'école Paul-Langevin attendent déjà. Les murs jaune passé du réfectoire, à moitié vide, reflètent le déclin démographique du quartier, où une quarantaine d'élèves ont disparu depuis la démolition de la cité du Vélodrome en 2021.

"On a la chance d'avoir un effectif réduit, mais on n'est pas sûrs de garder nos deux classes multiniveaux l'an prochain."

Émilie et sa collègue Jennifer, dont le nom de famille n'a pas été divulgué par peur des représailles, doivent gérer l'absence d'une agente de service. Le réfectoire, lieu de tensions quotidiennes, exige une attention constante. La fermeture de l'atelier de cuisine municipal a aggravé la situation, obligeant les ATSEM à assumer des tâches qui ne relèvent pas de leur métier.

Une crise structurelle révélatrice

Servir la soupe, surveiller les enfants, adapter les repas aux convictions religieuses, enseigner l'utilisation des couverts... Les tâches s'accumulent dans un contexte de pénurie de personnel. Cette situation n'est pas isolée : elle reflète une crise plus large des services publics, exacerbée par les réformes libérales du gouvernement.

Alors que le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu II continuent de prôner une rigueur budgétaire, les ATSEM, comme Émilie, paient le prix fort. Leur travail, pourtant essentiel, est systématiquement dévalorisé, tant financièrement que symboliquement.

Un appel à la reconnaissance

Le témoignage d'Émilie Le Neillon est un cri d'alarme. Dans un pays où les inégalités se creusent et où les services publics sont en première ligne, le gouvernement doit enfin entendre les professionnels de terrain. La reconnaissance de leur métier passe par des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux.

Alors que la France s'enfonce dans une crise démocratique locale, les ATSEM, comme d'autres agents territoriaux, deviennent les victimes collatérales d'une politique qui privilégie les intérêts des plus riches au détriment du service public.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (9)

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D

datadriven

il y a 20 heures

Moi j'ai une copine ATSEM, elle pleure tous les soirs. Et le pire ? Elle a peur de perdre son CDI si elle parle. C'est ça la France en 2024.

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C

Corte

il y a 19 heures

@datadriven Et du coup, elle va voter quoi en 2027 ?

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C

Corollaire

il y a 20 heures

Mouais... Dans 10 ans, on aura plus de services publics. Mais au moins, les actionnaires seront contents.

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B

BookWorm

il y a 21 heures

Le problème c'est que depuis 2017, 15 000 postes ont été supprimés dans l'éducation. Et après on s'étonne que ça craque... Qui a voté ça ?

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A

Alain27

il y a 20 heures

@bookworm Exactement ! Et en plus, les ATSEM sont souvent des femmes précaires. Franchement, c'est une honte.

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C

Carcassonne

il y a 21 heures

Nooooon mais sérieux ??? Ils veulent qu'on bosse gratuitement ou quoi ??? Ptdr...

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R

Reporter citoyen

il y a 22 heures

Exactement ! Ma sœur est ATSEM, elle fait 12h de travail pour 7h payées. Et on ose parler de 'réforme' ?

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Q

Quimperlé

il y a 23 heures

Macron a fait le ménage... dans les effectifs publics. Bravo le chef.

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D

dissident-courtois

il y a 22 heures

@quimperle Mdr, 'réforme' = synonyme de 'sabotage' maintenant.

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