Un métier essentiel, mais sous-financé et méprisé
À Pontivy, dans le Morbihan, Émilie Le Neillon, 40 ans, incarne le quotidien épuisant des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM). Entre gestion des repas, surveillance des enfants et manque criant de personnel, son témoignage révèle les failles d'un système éducatif en crise, aggravé par les politiques d'austérité du gouvernement Lecornu II.
Des conditions de travail indignes
La boîte repas en verre, à peine entamée, témoigne d'une pause déjeuner sacrifiée. La cloche a sonné, et les 15 enfants de l'école Paul-Langevin attendent déjà. Les murs jaune passé du réfectoire, à moitié vide, reflètent le déclin démographique du quartier, où une quarantaine d'élèves ont disparu depuis la démolition de la cité du Vélodrome en 2021.
"On a la chance d'avoir un effectif réduit, mais on n'est pas sûrs de garder nos deux classes multiniveaux l'an prochain."
Émilie et sa collègue Jennifer, dont le nom de famille n'a pas été divulgué par peur des représailles, doivent gérer l'absence d'une agente de service. Le réfectoire, lieu de tensions quotidiennes, exige une attention constante. La fermeture de l'atelier de cuisine municipal a aggravé la situation, obligeant les ATSEM à assumer des tâches qui ne relèvent pas de leur métier.
Une crise structurelle révélatrice
Servir la soupe, surveiller les enfants, adapter les repas aux convictions religieuses, enseigner l'utilisation des couverts... Les tâches s'accumulent dans un contexte de pénurie de personnel. Cette situation n'est pas isolée : elle reflète une crise plus large des services publics, exacerbée par les réformes libérales du gouvernement.
Alors que le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu II continuent de prôner une rigueur budgétaire, les ATSEM, comme Émilie, paient le prix fort. Leur travail, pourtant essentiel, est systématiquement dévalorisé, tant financièrement que symboliquement.
Un appel à la reconnaissance
Le témoignage d'Émilie Le Neillon est un cri d'alarme. Dans un pays où les inégalités se creusent et où les services publics sont en première ligne, le gouvernement doit enfin entendre les professionnels de terrain. La reconnaissance de leur métier passe par des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux.
Alors que la France s'enfonce dans une crise démocratique locale, les ATSEM, comme d'autres agents territoriaux, deviennent les victimes collatérales d'une politique qui privilégie les intérêts des plus riches au détriment du service public.