Un attachement indéfectible aux services publics de proximité
Alors que la France s'apprête à vivre des élections municipales cruciales les 15 et 22 mars, une étude récente vient confirmer ce que beaucoup pressentaient : les services publics locaux jouissent d'une popularité inattendue, malgré les discours dépréciatifs de l'extrême droite et d'une partie de la droite traditionnelle.
Une confiance qui défie les préjugés
Selon une enquête publiée ce lundi 9 février par le think tank Le Sens du service public, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès et la CASDEN Banque Populaire, plus de 70 % des Français se déclarent satisfaits de la qualité des services publics dans leur commune. Un chiffre qui contraste avec les récits catastrophistes entretenus par certains partis politiques.
« La confiance exprimée incite à l'optimisme comme elle va à rebours d'un certain nombre de préjugés de notre débat public », analyse Johan Theuret, cofondateur du collectif Le Sens du service public.
Les maires, figures d'une démocratie locale en péril
Cette étude s'inscrit dans un contexte où la démocratie locale est mise à rude épreuve. Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) avait déjà souligné, en juillet 2025, que les maires restaient une « figure de confiance » pour de nombreux Français, malgré la fragmentation démocratique que connaît le pays.
Cette tendance pourrait bien influencer les élections municipales à venir, où la gauche, historiquement attachée à la défense des services publics, pourrait capitaliser sur ce sentiment. À l'inverse, la droite et l'extrême droite, souvent critiques envers ces institutions, pourraient se trouver en difficulté face à une opinion publique qui leur échappe.
Un enjeu pour le gouvernement Lecornu
Pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, ces résultats représentent à la fois une opportunité et un défi. Alors que le président Emmanuel Macron tente de se rapprocher des territoires, cette étude pourrait lui offrir une légitimité supplémentaire pour défendre un modèle de service public renforcé. Reste à savoir si cette dynamique suffira à contrer les critiques d'une opposition toujours plus virulente.
Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les institutions nationales, les services publics locaux apparaissent comme un dernier rempart contre la désaffection démocratique. Un enjeu majeur pour les mois à venir.