Portugal : l'extrême droite fait trembler la démocratie, Macron s'inquiète

Par Aporie 19/01/2026 à 12:28
Portugal : l'extrême droite fait trembler la démocratie, Macron s'inquiète

L'extrême droite fait une percée historique au Portugal, qualifiant son candidat pour le second tour présidentiel. Un avertissement pour l'Europe.

Une percée historique de l'extrême droite au Portugal

Dimanche 18 janvier 2026, le Portugal a vécu un séisme politique. Pour la première fois depuis la fin de la dictature salazariste, un parti d'extrême droite, Chega, s'est qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle. Son candidat, André Ventura, affrontera le socialiste Antonio José Seguro le 8 février prochain.

Un séisme politique dans un pays en crise

Cette qualification historique intervient dans un contexte de crise des vocations politiques et d'instabilité chronique. Le Portugal, longtemps considéré comme un modèle de stabilité démocratique, voit ses institutions fragilisées par des élections à répétition et une défiance croissante envers les partis traditionnels.

La montée en puissance de l'extrême droite

Déjà en mai dernier, lors des législatives, Chega était devenu le premier parti d'opposition, devançant même les socialistes. Une progression fulgurante qui rappelle les dérapages autoritaires observés dans d'autres pays européens sous l'influence de mouvements similaires.

"L'essentiel est de sortir de chez soi et de voter. On ne peut pas passer l'année entière, ni même la décennie, à se plaindre et rester les bras croisés le jour où l'on doit se prononcer."

Ces propos d'André Ventura, leader de Chega, résonnent comme un appel à la mobilisation des électeurs mécontents. Pourtant, malgré des promesses démagogiques, le taux de pauvreté au Portugal est au plus bas depuis 20 ans. Mais les Portugais subissent toujours une crise du logement et un faible pouvoir d'achat, des problèmes que l'extrême droite instrumentalise.

Un avertissement pour l'Europe

Cette percée de l'extrême droite au Portugal intervient alors que l'Union européenne s'inquiète de la montée des populismes. À Paris, le président Emmanuel Macron a suivi avec attention ce scrutin, conscient des risques pour la démocratie. Le gouvernement Lecornu II, déjà confronté à une crise des finances publiques, craint que cette vague ne déferle sur la France.

Un second tour sous haute tension

Le 8 février, les Portugais devront choisir entre le candidat socialiste, favori des sondages, et André Ventura. Un scrutin qui pourrait marquer un tournant dans l'histoire politique du pays. L'Union européenne observe avec attention cette élection, espérant que les Portugais sauront résister à la tentation autoritaire.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (12)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

J

Jean-Marc C.

il y a 1 mois

L'extrême droite au Portugal, c'est comme un feu de forêt : ça brûle tout sur son passage, mais après, il ne reste plus que des cendres. Et les cendres, ça ne fait pas une politique.

0
C

Carcassonne

il y a 1 mois

Jsp si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle... Au moins ça va réveiller les autres partis. Mais bon, j'ai peur pour les minorités au Portugal...

0
M

Mittelbergheim

il y a 1 mois

Ah oui, Macron s'inquiète maintenant ? Un peu tard non ?

0
F

Fragment

il y a 1 mois

Au Portugal comme en France, l'extrême droite mise sur les mêmes leviers : immigration, insécurité, méfiance envers les élites. Le problème, c'est que les médias amplifient le discours sécuritaire et anti-immigration, sans donner la parole aux autres voix. Et en plus, ils comparent souvent les chiffres de manière biaisée.

0
B

Bergeronnette

il y a 1 mois

L'extrême droite, c'est toujours la même rengaine : peur, rejet de l'autre, promesses impossibles. Point.

0
L

Léo-79

il y a 1 mois

Macron qui s'inquiète ? Mdr. Lui et ses potes ont ouvert la porte à l'extrême droite avec leurs politiques.

0
S

Spirale

il y a 1 mois

L'histoire nous montre que l'extrême droite prospère toujours dans les périodes de crise. Le Portugal n'a pas connu de crise économique aussi grave que la Grèce, mais les fractures sociales sont là. Et si les partis traditionnels ne proposent pas de réponses, le vide sera comblé par l'extrême droite. C'est un cycle connu.

0
P

Prophète lucide

il y a 1 mois

Franchement, Macron il s'inquiète ptdr. Lui aussi il a fait monter l'extrême droite avec ses réformes anti-sociales. C'est l'hôpital qui se fout de la charité.

0
T

Tmèse

il y a 1 mois

@prophete-lucide Ouai mais bon, faut pas non plus tout mettre sur le dos de Macron. Les gens votent extrême droite parce qu'ils en ont ras-le-bol du système. C'est pas si simple. @spirale t'as raison, c'est un cycle.

0
N

Nausicaa

il y a 1 mois

Nooooon mais sérieux ??? Encore l'extrême droite qui monte... On va où là ??? J'ai peur pour la démocratie en Europe...

0
A

Alain27

il y a 1 mois

L'extrême droite au Portugal, c'est un signal fort pour toute l'Europe. On a vu ce qui s'est passé en Italie, en Suède... Macron a raison de s'inquiéter. Mais franchement, les partis traditionnels font quoi ??? @hermes tu penses que c'est une fatalité ?

2
H

Hermès

il y a 1 mois

@alain27 Non, ce n'est pas une fatalité. Mais il faut analyser les causes profondes : désindustrialisation, sentiment d'abandon des classes populaires... Le Portugal a connu une crise économique terrible en 2010-2014, et les promesses de l'extrême droite sont souvent plus simples que les solutions complexes des partis traditionnels.

0
Publicité