Psychanalyse sous pression : le Sénat vise le déremboursement, les professionnels crient à l'idéologie

Par Aurélie Lefebvre 18/11/2025 à 09:15
Psychanalyse sous pression : le Sénat vise le déremboursement, les professionnels crient à l'idéologie

Onze sénateurs proposent de dérembourser les soins psychanalytiques, suscitant la colère des professionnels qui dénoncent une décision idéologique.

Un amendement controversé menace les soins psychanalytiques

Dans un contexte de tensions budgétaires, onze sénateurs ont déposé un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) visant à mettre fin, dès le 1er janvier 2026, au remboursement des soins et prestations "se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques". Cette mesure, adoptée en commission, sera débattue en séance publique à partir de mercredi.

Une décision jugée "idéologique" par les professionnels

Le Syndicat national des psychologues (SNP) a immédiatement réagi, qualifiant l'amendement de "non fondé scientifiquement" et dénonçant une tentative de créer une "psychothérapie d'État". "Les parlementaires outrepassent leurs fonctions en allant décider de l'orientation dans laquelle tous les psychologues et tous les psychiatres devraient s'inscrire", a déclaré Nolwenn Besnard, secrétaire générale adjointe du SNP.

Un débat sur l'efficacité et la liberté thérapeutique

Les sénateurs à l'origine de l'amendement justifient leur proposition par la nécessité de "garantir la cohérence scientifique et l’efficience des dépenses de l’Assurance maladie". Ils estiment que, dans un contexte budgétaire contraint, il est légitime de concentrer les efforts sur les prises en charge dont l’efficacité est démontrée. Cependant, les professionnels dénoncent une approche réductrice qui pourrait limiter la diversité des approches thérapeutiques.

Une pétition et un mouvement de protestation

Une pétition en ligne, lancée dimanche par le SNP, a déjà recueilli plus de 36 000 signatures ce mardi matin. Les signataires craignent que cette mesure ne restreigne l'accès à des soins adaptés pour certains patients. "Le risque, c'est qu'effectivement il y ait quelque chose de lissé dans l'approche du soin psychique. En fait, ça nous enferme dans quelques pratiques uniquement", ajoute Nolwenn Besnard.

Un enjeu de santé publique et de liberté professionnelle

Cette polémique s'inscrit dans un débat plus large sur la place de la psychanalyse dans le système de santé français. Alors que certains défenseurs de la médecine basée sur les preuves remettent en question l'efficacité de certaines approches psychanalytiques, les professionnels soulignent l'importance de la liberté thérapeutique et du choix des patients. Le gouvernement, quant à lui, n'a pas encore pris position sur cet amendement controversé.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (5)

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Etchecopar

il y a 1 mois

Le Sénat qui s'attaque à la psychanalyse... c'est un peu comme si les aveugles critiquaient les couleurs. Ces sénateurs ont besoin d'une bonne thérapie eux-mêmes.

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M

Maïwenn Caen

il y a 1 mois

Ah, encore une réforme qui va sauver des sous... mais qui va surtout pénaliser ceux qui en ont le plus besoin. Bravo la solidarité nationale !!!

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A

Apollon 6

il y a 1 mois

En Allemagne, la psychanalyse est déjà partiellement déremboursée. La France devrait s'inspirer des modèles européens pour une santé mentale plus efficace. L'UE encourage la mutualisation des bonnes pratiques !

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Trégor

il y a 1 mois

@apollon-6 L'Allemagne a un système bien plus solidaire que le nôtre. Ici, c'est juste une attaque contre les soignants et les patients précaires. La droite veut toujours tout privatiser...

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Résonance

il y a 1 mois

Le déremboursement des soins psychanalytiques pourrait économiser 50M€/an selon la Cour des comptes, mais l'impact sur la santé mentale reste flou. Les études comparatives (OCDE) montrent des résultats mitigés. Faut-il privilégier les thérapies brèves ?

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