Un plaidoyer controversé pour l'audiovisuel public
Dans un contexte politique tendu, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a défendu bec et ongles l'audiovisuel public devant la commission d'enquête parlementaire, mercredi 5 février. Une audition qui s'est déroulée sous haute tension, alors que la droite radicale, menée par l'Union des droites pour la République (UDR), milite ouvertement pour sa privatisation.
Un service public menacé
Face aux députés, Rachida Dati a martelé que l'audiovisuel public français doit être préservé, rappelant que ses missions de service public ne sont pas rentables. « On ne doit pas l’affaiblir. On doit travailler ensemble », a-t-elle lancé, en réponse aux attaques répétées de la droite radicale.
Interrogée sur la situation financière critique de France Télévisions, soulignée par la Cour des comptes, la ministre a assuré que l'État prendra ses responsabilités. Cependant, elle a insisté sur la nécessité d'une réforme structurelle, évoquant même la création d'une holding commune pour le secteur.
L'impartialité, un sujet explosif
Sur la question de l'impartialité, Mme Dati a botté en touche, renvoyant vers l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel. Une prudence qui contraste avec ses récentes prises de position, notamment sa réprimande envers Delphine Ernotte Cunci, la patronne de France Télévisions, pour avoir qualifié CNews de « chaîne d’extrême droite ».
« Ce n’était peut-être pas habile d’avoir indiqué qu’un autre média était d’extrême droite », a-t-elle déclaré, sous-entendant une forme de complaisance envers les médias proches de la droite radicale.
Un climat de défiance
L'audition s'est déroulée dans un climat tendu, marqué par des tensions entre le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), et le rapporteur Charles Alloncle (UDR). Un épisode qui illustre les fractures politiques profondes traversant le pays, alors que la droite radicale multiplie les attaques contre les médias publics.
La commission d'enquête elle-même a été créée dans la foulée de l'affaire Legrand-Cohen, où deux journalistes du service public ont été accusés de connivence avec le Parti socialiste. Une affaire qui a relancé le débat sur l'indépendance des médias publics, alors que la droite radicale accuse régulièrement France Télévisions de partialité.
Un enjeu démocratique
Dans un contexte où la crise de la démocratie locale et la guerre des droites en France s'intensifient, la défense de l'audiovisuel public prend une dimension symbolique. Pour la gauche, il s'agit d'un rempart contre la désinformation, tandis que la droite radicale y voit un outil de propagande au service du pouvoir en place.
Alors que Rachida Dati s'apprête à quitter le gouvernement pour briguer la mairie de Paris, son audition marque un tournant dans le débat sur l'avenir de l'audiovisuel public. Un enjeu qui pourrait bien devenir un marqueur des élections de 2027, alors que les partis se positionnent sur des questions sociétales et médiatiques.