Réforme de l'audiovisuel public : un abandon stratégique ou un recul face aux divisions politiques ?

Par Decrescendo 10/02/2026 à 18:23
Réforme de l'audiovisuel public : un abandon stratégique ou un recul face aux divisions politiques ?

La réforme de l'audiovisuel public, abandonnée par le gouvernement, révèle les divisions de la majorité et les limites du pouvoir macroniste.

Un projet en suspens malgré les promesses

Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, semble prendre ses distances avec la réforme de l'audiovisuel public. Un projet déjà interrompu à quatre reprises, et qui ne figurera pas à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale d'ici l'été prochain. Cette décision, révélée par des sources au sein de l'exécutif, interroge sur les priorités réelles du pouvoir en place.

Un texte au cœur des tensions politiques

La réforme, portée par la ministre de la Culture Rachida Dati, visait à rapprocher France Télévisions, Radio France et l'INA au sein d'une holding. Un projet ambitieux, mais qui a été systématiquement reporté, notamment après la dissolution de l'Assemblée en juin 2024. Les présidents des groupes de l'ex-majorité ont refusé d'en faire une priorité lors de leur réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Une décision qui pourrait refléter les divisions internes à la majorité présidentielle.

Un calendrier révélateur des priorités

Le calendrier officiel, sans cette réforme, sera présenté mardi 17 février en conférence des présidents de l'Assemblée. Une absence qui contraste avec les déclarations passées du gouvernement sur l'urgence de moderniser l'audiovisuel public. Cette reculade intervient alors que la France traverse une crise de la démocratie locale, avec une défiance croissante envers les institutions.

Un symbole des difficultés du quinquennat

Pour certains observateurs, cette réforme avortée symbolise les limites d'un exécutif qui peine à imposer ses réformes face à un Parlement fragmenté. « Le gouvernement semble privilégier la gestion du quotidien plutôt que les réformes structurelles », estime un député de la majorité. Une analyse qui rejoint les critiques récurrentes sur l'absence de vision long terme dans la politique française.

Un enjeu démocratique et culturel

L'audiovisuel public, pilier du service public, est au cœur des débats sur la crise des vocations politiques. Sa réforme était perçue comme un moyen de renforcer son indépendance face aux pressions politiques. Son abandon pourrait alimenter les critiques sur la dérive technocratique du pouvoir macroniste.

Un contexte politique tendu

Alors que la France s'apprête à vivre une année électorale cruciale, cette décision pourrait être interprétée comme un recul stratégique face aux divisions au sein de la majorité. « Le gouvernement préfère éviter un nouveau clash avec l'opposition », analyse un proche du dossier. Une stratégie qui pourrait se retourner contre lui, alors que la gauche et une partie de la société civile réclament des réformes audacieuses.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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Commentaires (11)

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É

Économiste curieux 2024

il y a 1 semaine

En 2027, on nous ressortira la même réforme. Avec les mêmes promesses. Et le même échec. Franchement, on a l'impression d'être dans une boucle temporelle politique...

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Nausicaa

il y a 1 semaine

Ptdr ils ont même pas essayé en vrai ??? Bcp de bruit pour rien comme d'hab...

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M

Marguerite de Corse

il y a 1 semaine

J'ai travaillé dans l'audiovisuel, et franchement, c'est la pagaille depuis des années. Mais là, c'est juste un aveu d'impuissance politique. Vous croyez qu'ils vont oser revenir dessus ?

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T

ThirdEye

il y a 1 semaine

Perso je trouve ça malin. Laisser les médias se détruire tout seuls, c'est plus efficace qu'une réforme ratée. Mais bon, je joue l'avocat du diable...

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Renard Roux

il y a 1 semaine

Macron en mode 'je recule avant de me faire dévorer'. Bref.

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Eguisheim

il y a 1 semaine

Moi je comprends pas... Soit ils ont peur des médias, soit ils ont peur de leur propre majorité. Dans les deux cas, c'est grave. Vous en pensez quoi ?

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NightReader93

il y a 1 semaine

@eguisheim Exactement ! Et du coup, qui va payer la facture ? Parce que l'audiovisuel public, ça coûte cher...

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Elizondo

il y a 1 semaine

Encore une fois, le gouvernement montre ses limites. Aux États-Unis, une telle réforme aurait été votée en urgence. La France reste bloquée par ses divisions politiques...

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FreeThinker

il y a 1 semaine

@elizondo Genre t'es sérieux ??? Les USA c'est pas la France, là t'exagères un peu non ???

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DigitalAge

il y a 1 semaine

Noooooon sérieux ??? Ils ont peur de quoi ??? Franchement c'est la honte...

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A

Anamnèse

il y a 1 semaine

Une réforme abandonnée = un gouvernement qui abdique. Point.

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