Un projet en suspens malgré les promesses
Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, semble prendre ses distances avec la réforme de l'audiovisuel public. Un projet déjà interrompu à quatre reprises, et qui ne figurera pas à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale d'ici l'été prochain. Cette décision, révélée par des sources au sein de l'exécutif, interroge sur les priorités réelles du pouvoir en place.
Un texte au cœur des tensions politiques
La réforme, portée par la ministre de la Culture Rachida Dati, visait à rapprocher France Télévisions, Radio France et l'INA au sein d'une holding. Un projet ambitieux, mais qui a été systématiquement reporté, notamment après la dissolution de l'Assemblée en juin 2024. Les présidents des groupes de l'ex-majorité ont refusé d'en faire une priorité lors de leur réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Une décision qui pourrait refléter les divisions internes à la majorité présidentielle.
Un calendrier révélateur des priorités
Le calendrier officiel, sans cette réforme, sera présenté mardi 17 février en conférence des présidents de l'Assemblée. Une absence qui contraste avec les déclarations passées du gouvernement sur l'urgence de moderniser l'audiovisuel public. Cette reculade intervient alors que la France traverse une crise de la démocratie locale, avec une défiance croissante envers les institutions.
Un symbole des difficultés du quinquennat
Pour certains observateurs, cette réforme avortée symbolise les limites d'un exécutif qui peine à imposer ses réformes face à un Parlement fragmenté. « Le gouvernement semble privilégier la gestion du quotidien plutôt que les réformes structurelles », estime un député de la majorité. Une analyse qui rejoint les critiques récurrentes sur l'absence de vision long terme dans la politique française.
Un enjeu démocratique et culturel
L'audiovisuel public, pilier du service public, est au cœur des débats sur la crise des vocations politiques. Sa réforme était perçue comme un moyen de renforcer son indépendance face aux pressions politiques. Son abandon pourrait alimenter les critiques sur la dérive technocratique du pouvoir macroniste.
Un contexte politique tendu
Alors que la France s'apprête à vivre une année électorale cruciale, cette décision pourrait être interprétée comme un recul stratégique face aux divisions au sein de la majorité. « Le gouvernement préfère éviter un nouveau clash avec l'opposition », analyse un proche du dossier. Une stratégie qui pourrait se retourner contre lui, alors que la gauche et une partie de la société civile réclament des réformes audacieuses.