Réforme historique du patrimoine immobilier de l'État : un tournant politique sous Macron ?

Par Camaret 29/01/2026 à 06:05
Réforme historique du patrimoine immobilier de l'État : un tournant politique sous Macron ?

Réforme historique du patrimoine immobilier de l'État adoptée à l'Assemblée nationale : un tournant politique sous Macron ?

Une adoption surprise dans un hémicycle apaisé

Mercredi 28 janvier 2026, l'Assemblée nationale a adopté à une large majorité une proposition de loi transpartisane visant à réformer en profondeur le patrimoine immobilier de l'État. Un texte technique, mais aux implications politiques majeures, porté par l'ancien ministre macroniste Thomas Cazenave et soutenu par une coalition inattendue.

Dans une hémicycle habituellement agité par les débats budgétaires, l'ambiance était étrangement calme. Après le rejet rapide d'une motion de rejet à main levée, les amendements ont été discutés posément avant l'adoption du texte par 77 voix contre 22. Une rare unanimité dans une Assemblée profondément fragmentée depuis la dissolution ratée de 2024.

Un projet de « changement complet de modèle »

Pour le ministre de la fonction publique David Amiel, cette réforme marque « le coup d'envoi d'une profonde réforme structurelle de l'État ». Un projet « débattu depuis plus de vingt ans mais toujours ajourné », selon Thomas Cazenave, qui y voit un « changement complet de modèle ».

La députée écologiste Julie Ozenne, bien que critique, reconnaît l'ampleur du texte : « Ce texte opère un basculement profond ». Une reconnaissance qui souligne l'importance symbolique de cette réforme, alors que le gouvernement Lecornu II est régulièrement accusé d'immobilisme.

Une coalition improbable

Cosignée par quelque 150 députés issus de six groupes politiques, la proposition a bénéficié d'un soutien inattendu. Aux côtés des groupes de la majorité présidentielle, l'extrême droite et les socialistes ont apporté leur appui. Une alliance rare dans un contexte politique marqué par les divisions et les tensions.

Un enjeu de gestion publique et de transparence

Cette réforme s'inscrit dans un contexte de crise des finances publiques, où la gestion du patrimoine immobilier de l'État est régulièrement pointée du doigt. Avec un parc estimé à plusieurs millions de mètres carrés, la modernisation de cette gestion pourrait générer des économies substantielles, tout en améliorant la transparence.

Pour les opposants, comme Julie Ozenne, le texte pourrait cependant favoriser une privatisation déguisée du patrimoine public. Une crainte partagée par une partie de la gauche, qui voit dans cette réforme un risque de désengagement de l'État dans des secteurs stratégiques.

Un symbole politique fort

Alors que la stratégie des partis pour 2027 commence à se dessiner, cette réforme pourrait servir de vitrine pour le gouvernement. Une manière de montrer sa capacité à agir, malgré les critiques récurrentes sur son manque d'initiatives.

Pour les oppositions, en revanche, ce texte pourrait bien devenir un sujet de campagne. Entre modernisation nécessaire et risque de privatisation, le débat est loin d'être clos.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (9)

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Eva13

il y a 3 semaines

Ce qui m'étonne, c'est le silence des associations de protection du patrimoine. Ils ont pourtant l'habitude de monter au créneau. Soit ils sont d'accord, soit ils ont peur des représailles...

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B

Bergeronnette

il y a 3 semaines

Une réforme historique ? Pfff. Ils appellent ça historique dès qu'ils touchent à un dossier. Bref.

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C

corbieres

il y a 3 semaines

Nooooon mais sérieux ??? Ils veulent vendre des monuments historiques pour payer leurs dettes ??? C'est quoi la prochaine étape ??? Vendre l'Arc de Triomphe ??? MDDR

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N

NightReader93

il y a 3 semaines

@corbieres Calme-toi, c'est pas si simple... Mais t'as raison sur un point : faut voir les détails. Qui achète ? À quel prix ? Et surtout, où va l'argent ?

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J

Jean-Marc C.

il y a 3 semaines

Mon cousin bosse à la DGFiP, il m'a dit que c'était le bordel total. Ils ont même pas les moyens de former les agents... Mais bon, l'important c'est la photo dans Le Figaro, non ?

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I

Izarra

il y a 3 semaines

Macron vend du rêve, comme d'hab. Mais en vrai, les vieux bâtiments pourris vont juste être repeints. #EffetPapierGlacé

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S

Spirale

il y a 3 semaines

On a déjà vu ça sous Pompidou, puis sous Chirac... Et chaque fois, c'est la même rengaine : des promesses de modernisation, mais au final, les lobbys gardent le contrôle. Qui va vraiment profiter de cette réforme ?

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E

Elizondo

il y a 3 semaines

Cette réforme s'inspire clairement des modèles scandinaves, où la gestion du patrimoine public est plus transparente. Mais comme d'hab, la France a 20 ans de retard... Dommage qu'on ne se soit pas inspiré aussi des échecs pour éviter les pièges.

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G

GrayMatter

il y a 3 semaines

@elizondo Franchement, les modèles scandinaves, c'est bien joli... Mais ici, on a juste un gouvernement qui veut faire du chiffre avant les élections. Bref, encore une réforme pour la com'...

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