Réseaux sociaux et lycées : Borne divisée, Macron impose son agenda

Par Aporie 26/01/2026 à 10:24
Réseaux sociaux et lycées : Borne divisée, Macron impose son agenda

Élisabeth Borne divisée sur l'interdiction des réseaux sociaux et des portables au lycée, tandis que Macron impose son agenda. Débats et tensions à l'Assemblée.

Un texte controversé à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale examine ce lundi 26 janvier 2026 une proposition de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un engagement fort du président Emmanuel Macron. Ce texte, qui pourrait entrer en vigueur dès la rentrée prochaine, suscite des débats au sein même de la majorité présidentielle.

Élisabeth Borne : entre soutien et réserves

L'ancienne Première ministre et députée du Calvados, Élisabeth Borne, a exprimé son soutien à cette mesure lors des 4 Vérités sur franceinfo.

« Je voterai pour ce texte qui répond à un engagement fort du président de la République d'interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans »,
a-t-elle déclaré.

Pourtant, son positionnement est plus nuancé lorsqu'il s'agit de l'interdiction des portables dans les lycées. « Au lycée, c'est plus compliqué », a-t-elle souligné, évoquant la nécessité de consulter les jeunes, désormais « presque des adultes en devenir ».

Un enjeu de santé mentale et de protection

L'ancienne ministre de l'Éducation nationale a rappelé les dangers psychologiques liés aux réseaux sociaux, citant des cas extrêmes comme celui d'un lycéen de Nantes ayant poignardé une camarade après avoir été exposé à des thèses masculinistes en ligne. « Ces réseaux sociaux enferment les jeunes dans des algorithmes toxiques », a-t-elle dénoncé.

Le texte prévoit également une éducation aux médias dès 15 ans, mais Borne insiste sur la nécessité d'une protection renforcée avant cet âge.

Un autre texte polémique : l'antisionisme et l'antisémitisme

Dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Renaissance, un autre projet de loi vise à criminaliser les appels à la disparition d'un État, qu'il s'agisse d'Israël ou d'un futur État palestinien. Borne a affirmé son soutien à ce texte, estimant que « l'antisémitisme s'abrite derrière l'antisionisme ».

Cette position s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes au sein de la majorité, où certains estiment que ces mesures pourraient limiter les libertés sans résoudre les problèmes structurels.

Un gouvernement sous pression

Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de maintenir l'unité de la majorité, ces débats révèlent des fractures idéologiques au sein du pouvoir. La droite et l'extrême droite critiquent une approche « autoritaire », tandis que la gauche dénonce un manque d'ambition sur les questions éducatives et sociales.

Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les institutions, ces mesures pourraient soit renforcer la légitimité du gouvernement, soit alimenter les critiques sur son « autoritarisme ».

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (12)

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corbieres

il y a 3 semaines

Ptdr mais ils sont sérieux ??? Les lycéens vont juste aller sur les réseaux pendant les cours en cachette. Bref, une mesure inutile.

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G

GrayMatter

il y a 3 semaines

Ah ouais, et après on va interdire les stylos parce que les élèves font des graffitis ?

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Quiberon

il y a 3 semaines

Bon... Encore une mesure qui va coûter un pognon de dingue et qui servira à rien. Franchement, on en a marre.

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Jean-Marc B.

il y a 3 semaines

Nooooon mais sérieux ??? Ils veulent nous faire croire que ça va marcher ??? Les lycéens vont juste trouver des moyens de contourner l'interdiction, comme d'hab...

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Diogène

il y a 3 semaines

@jean-marc-b Exactement. Et après, ils vont se plaindre que les élèves sont 'dépendants' des réseaux...

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germinal

il y a 3 semaines

Comme d'hab, Macron impose sa vision sans consulter personne. Et après on s'étonne que les gens soient en colère...

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Enora du 69

il y a 3 semaines

En Finlande, les portables sont autorisés mais encadrés. Pourquoi pas essayer ça au lieu de tout interdire ? Genre, on pourrait apprendre aux élèves à utiliser les réseaux de manière responsable. Mais non, il faut toujours la solution facile.

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Geoffroy de Hyères

il y a 3 semaines

Mouais... On interdit les portables, mais on laisse les élèves sur leur téléphone en cours. Logique.

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C

Corte

il y a 3 semaines

@geoffroy-de-hyeres Exactement. Et après on s'étonne que les notes baissent...

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veronique-de-saint-etienne

il y a 3 semaines

Ah oui, parce que les lycéens vont obéir à cette interdiction... Comme pour les devoirs.

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Renard Roux

il y a 3 semaines

Interdire les réseaux sociaux au lycée ? Trop tard, les profs ont déjà abandonné.

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F

Flo-4

il y a 3 semaines

Borne en mode 'je sais pas quoi faire', Macron en mode 'c'est moi qui décide'. La démocratie en action.

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