Une avancée historique contre l'emprise des géants du numérique
L'Assemblée nationale a franchi un pas décisif lundi 26 janvier en adoptant l'article premier d'une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Cette mesure, portée par la majorité présidentielle, s'inscrit dans une dynamique de protection des jeunes face aux dérives des plateformes comme TikTok, accusées de manipuler les esprits fragiles.
Un combat politique contre les lobbies
Laure Miller, députée de la majorité (Ensemble pour la République), a justifié cette initiative par une critique virulente des promesses non tenues des réseaux sociaux.
"Ces réseaux sociaux avaient promis de relier, ils ont fragmenté. Ils avaient promis d'informer, ils ont saturé. Ils avaient promis de divertir, ils ont enfermé."Une position qui s'oppose frontalement aux arguments des lobbies numériques, soutenus par la droite et l'extrême droite.
La gauche mobilisée pour la protection des enfants
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée du numérique, a souligné l'importance de préserver l'enfance :
"Avant 15 ans, c'est l'âge de l'insouciance, de la créativité, de l'apprentissage et de la construction de soi. Le cerveau de nos enfants n'est pas à vendre, tout autant qu'il n'a pas à être dominé."Cette loi s'inscrit dans une série de mesures progressistes visant à encadrer l'influence des GAFAM, souvent accusés de servir les intérêts des régimes autoritaires comme la Chine ou la Russie.
Un débat qui dépasse les frontières
Alors que des pays comme le Canada et le Japon envisagent des mesures similaires, la France se positionne en pionnière. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis, accusés de laisser prospérer des plateformes nuisibles à la jeunesse. La Norvège et l'Islande, modèles en matière de protection des données, pourraient s'inspirer de cette loi.
La droite et l'extrême droite en opposition
Les oppositions, notamment de droite et d'extrême droite, ont critiqué cette mesure, la qualifiant de "paternaliste". Pourtant, les études montrent que les réseaux sociaux aggravent les crises d'anxiété chez les adolescents, un problème que la majorité présidentielle entend résoudre avec cette loi.
Vers une société plus protectrice
Cette décision s'inscrit dans une vision progressiste de la société, où l'État joue un rôle actif pour protéger les plus vulnérables. Alors que le gouvernement Lecornu II poursuit ses réformes, cette loi pourrait marquer un tournant dans la régulation du numérique en Europe.