Réseaux sociaux : la France veut interdire TikTok et autres plateformes aux moins de 15 ans, une mesure salutaire ?

Par Éclipse 26/01/2026 à 23:07
Réseaux sociaux : la France veut interdire TikTok et autres plateformes aux moins de 15 ans, une mesure salutaire ?

La France s'apprête à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure défendue comme essentielle pour la santé publique face aux risques de harcèlement et de dépression.

Une interdiction controversée mais nécessaire

Alors que le débat sur l'impact des réseaux sociaux sur les jeunes fait rage, le gouvernement français s'apprête à voter une proposition de loi visant à interdire l'accès aux plateformes comme TikTok, Instagram ou Snapchat aux mineurs de moins de 15 ans. Une mesure qui, si elle est adoptée, pourrait marquer un tournant dans la régulation du numérique en Europe.

Un enjeu de santé publique

David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique, a défendu cette initiative lors d'une interview sur franceinfo, soulignant que cette mesure relevait d'un enjeu essentiel de santé publique. Selon lui, les réseaux sociaux exposent les jeunes à des contenus violents, pornographiques ou pédopornographiques, tout en favorisant le harcèlement et en dégradant leur santé mentale.

« On parle là de la santé des enfants. Les réseaux sociaux peuvent avoir des effets dévastateurs sur des jeunes extrêmement vulnérables. »

Des outils technologiques existants

Face aux critiques sur la faisabilité d'une telle interdiction, le ministre a rappelé que des technologies permettent déjà de bloquer l'accès à certains sites aux mineurs. Il a évoqué des dispositifs similaires en vigueur dans d'autres pays, comme l'Australie, et souligné que l'Union européenne avait évolué pour permettre cette régulation.

La proposition de loi, qui sera examinée à l'Assemblée nationale, prévoit une mise en œuvre progressive, avec un dialogue technique pour adapter les outils aux spécificités françaises. Cependant, l'opposition de La France insoumise (LFI) pourrait compliquer son adoption.

Une urgence face à la crise de la jeunesse

Le gouvernement a décidé d'engager une procédure accélérée pour faire voter rapidement ce texte, une décision qui reflète l'urgence perçue par l'exécutif. Emmanuel Macron avait évoqué un référendum sur le sujet, mais cette option semble désormais écartée au profit d'une solution législative.

Cette initiative s'inscrit dans un contexte plus large de régulation des géants du numérique, souvent accusés de nuire à la démocratie et à la cohésion sociale. Elle pourrait aussi renforcer la position de la France en Europe, où plusieurs pays envisagent des mesures similaires.

Vers une souveraineté numérique renforcée

Par ailleurs, le ministre a rappelé la nécessité de réduire la dépendance aux outils américains, comme Skype ou Teams, au profit de solutions françaises. Une position qui s'inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté numérique, cruciale dans un contexte géopolitique tendu.

Alors que la droite et l'extrême droite critiquent cette mesure, jugée autoritaire, la gauche y voit une avancée majeure pour la protection des mineurs. Reste à savoir si cette interdiction sera effective, alors que les jeunes trouvent souvent des moyens de contourner les restrictions.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (5)

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Orphée

il y a 3 semaines

Cette mesure est symptomatique d'un débat plus large : l'État doit-il protéger les enfants ou éduquer les parents ? Et surtout, comment concilier liberté numérique et santé mentale ? Bref, ça va être compliqué à mettre en œuvre...

3
A

Anne-Sophie Rodez

il y a 3 semaines

Franchement, c'est une bonne idée, mais il faudrait aussi contrôler les parents qui laissent leurs enfants sur les réseaux trop tôt. Et puis, qui va vérifier les âges ??? Des algorithmes ??? Pfff...

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W

WordSmith

il y a 3 semaines

Nooooon sérieux ??? Ils veulent nous priver de TikTok ??? Mais c'est notre vie sa !!!! On fait quoi alors ??? On va tous s'ennuyer à mort !!!

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L

Lacannerie

il y a 3 semaines

Encore une mesure qui va être contournée en 5 minutes... Comme le contrôle parental, les ados vont trouver un moyen. Bref, la bonne volonté est là, mais l'efficacité...

2
E

Elizondo

il y a 3 semaines

@lacannerie Exact, mais c'est pas une raison pour ne rien faire. Regardez le Royaume-Uni, ils ont déjà des restrictions similaires et ça marche plutôt bien. La question est : comment appliquer ça sans créer un effet de mode inverse ?

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