Un débat explosif à l'approche de 2027
Alors que la campagne présidentielle de 2027 s'annonce comme un choc idéologique, le Conseil d'orientation des retraites (COR) a récemment examiné une question qui pourrait bien devenir un enjeu central : faut-il orienter le système français vers davantage de capitalisation ? Une réunion plénière, tenue le 18 décembre 2025, a rassemblé des experts pour peser le pour et le contre, dans un contexte où la crise des finances publiques et les tensions sociales alimentent les débats.
Capitalisation vs. répartition : un choix de société
La France repose majoritairement sur un système de répartition, où les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités. Un modèle solidaire, mais fragilisé par le vieillissement démographique et les déficits persistants. Face à cela, certains plaident pour un basculement vers la capitalisation, où les cotisations sont investies en Bourse pour générer un capital individuel.
Pourtant, cette option soulève des critiques virulentes à gauche, où l'on dénonce un risque de privatisation du système de retraite. Jean-Luc Mélenchon a récemment qualifié cette idée de « coup de force libéral », tandis que des économistes proches du Parti socialiste mettent en garde contre les aléas des marchés financiers.
Le gouvernement Lecornu II sous pression
Le gouvernement, dirigé par Sébastien Lecornu, se refuse pour l'instant à trancher. Pourtant, des rumeurs persistent sur des discussions en coulisses avec des fonds de pension étrangers, notamment américains, dans un contexte de tensions croissantes entre Paris et Washington. Une collaboration qui pourrait alimenter les accusations de soumission aux intérêts financiers.
À droite, Marine Le Pen a saisi l'occasion pour dénoncer une « dérive technocratique » et réaffirmer son attachement à la répartition, tout en proposant un renforcement des cotisations patronales. Une position qui contraste avec celle de certains libéraux, favorables à un modèle hybride.
L'Europe et les modèles alternatifs
Alors que la France hésite, d'autres pays européens, comme la Norvège ou l'Islande, ont déjà adopté des systèmes mixtes avec succès.
« La capitalisation peut être un complément utile, mais elle ne doit pas remplacer la solidarité intergénérationnelle »,estime un rapport récent de la Commission européenne.
Du côté des opposants, on rappelle les échecs de la capitalisation dans des pays comme la Hongrie, où des fonds publics ont été détournés au profit d'intérêts privés. Un scénario que certains craignent de voir se reproduire en France.
Un enjeu qui dépasse les retraites
Au-delà des questions techniques, ce débat révèle des clivages profonds sur le modèle de société français. Pour la gauche, il s'agit de défendre un État-providence fort, tandis que la droite et l'extrême droite y voient une occasion de moderniser un système jugé obsolète.
Avec l'approche de 2027, ce sujet pourrait bien devenir un marqueur de la campagne, opposant une vision solidariste à une logique individualiste. Un choix qui pourrait sceller l'avenir des retraites… et celui du pays.