Un rendez-vous attendu depuis deux ans
La députée MoDem de Loire-Atlantique, Sandrine Josso, a enfin obtenu une audience avec le président du Sénat, Gérard Larcher, après avoir été droguée à son insu en novembre 2023 par l'ex-sénateur Joël Guerriau. Cette rencontre, survenue mercredi 11 février 2026, intervient dans un contexte de silence institutionnel qui avait poussé la parlementaire à rendre public un courrier adressé au président du Sénat.
Une condamnation historique, un appel contesté
Le 27 janvier 2026, Joël Guerriau a été condamné en première instance à quatre ans de prison, dont dix-huit mois ferme, pour avoir drogué Sandrine Josso dans le but de la violer. L'ancien sénateur, qui a démissionné de son mandat en octobre 2025, maintient sa thèse de l'accident et a fait appel de cette décision. Cette affaire, qui éclabousse l'institution sénatoriale, interroge sur la protection des victimes au sein des hautes sphères politiques.
Le soutien tardif du Sénat
Gérard Larcher, président du Sénat et membre des Républicains, avait jusqu'alors gardé le silence sur cette affaire. Ce n'est que le 31 janvier 2026, sous la pression médiatique et politique, qu'il a exprimé son soutien à Sandrine Josso dans une déclaration à l'AFP.
"Au nom du Sénat et en mon nom personnel, je soutiens Sandrine Josso dans cette épreuve."Une réaction jugée tardive par plusieurs observateurs, notamment au sein de la majorité présidentielle.
Un combat politique pour la justice
Sandrine Josso, figure du MoDem et proche d'Emmanuel Macron, entend désormais porter ce combat au Parlement. Son initiative s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les violences faites aux femmes, un enjeu récurrent sous le quinquennat de Sébastien Lecornu. La députée pourrait proposer une loi renforçant les sanctions contre les crimes de soumission chimique, un fléau souvent sous-estimé.
La droite sous le feu des critiques
Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des institutions face aux dérives individuelles de leurs membres. Les Républicains, déjà fragilisés par des divisions internes, voient leur crédibilité mise à mal. L'opposition de gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, a saisi l'occasion pour dénoncer un manque de fermeté de la part de la droite traditionnelle.
Un symbole pour les victimes
Au-delà de l'aspect judiciaire, cette affaire prend une dimension symbolique. Sandrine Josso incarne désormais le combat des victimes de violences sexuelles, un sujet qui mobilise particulièrement les jeunes générations. Son parcours pourrait inspirer d'autres parlementaires à s'engager sur ces questions sensibles.