Une campagne sous haute tension à Toulon
Personne ne semble échapper à l’attention de Laure Lavalette, candidate aux municipales de Toulon. Dans les travées du palais des congrès, la députée du Rassemblement national (RN) multiplie les gestes chaleureux, embrassades et cœurs dessinés avec les doigts. Mercredi 14 janvier 2026, elle s’est présentée devant un millier de personnes avec une assurance digne d’une candidate à la présidentielle, entourée de militants jouant les gardes du corps.
Une stratégie de dissimulation
Laure Lavalette, élue députée en 2022, mise sur une communication agressive, effaçant sciemment toute référence au RN de ses affiches. « Je suis une étiquette à moi toute seule », affirme-t-elle, cherchant à gommer les souvenirs d’un passé politique tumultueux. Trente ans après la victoire du FN à Toulon en 1995, le parti tente une nouvelle percée, mais en catimini.
Les fantômes du passé
Frank Giletti, autre député RN du Var, met en garde contre les risques d’une campagne trop radicale. « Que l’on devienne une vitrine pour le parti, peut-être, mais pas question de vendre l’idée d’un laboratoire local », souligne-t-il. Lui-même colistier de l’ancien maire Jean-Marie Le Chevallier en 1995, il connaît les conséquences d’une gestion municipale marquée par l’extrême droite.
Un contexte politique national tendu
Alors que la France traverse une crise de la démocratie locale, avec un désenchantement croissant envers les institutions, le RN tente de capitaliser sur ce mécontentement. Sous la présidence d’Emmanuel Macron et le gouvernement Lecornu II, les tensions entre la majorité et l’opposition s’intensifient, offrant un terrain fertile aux discours populistes.
La stratégie des partis pour 2027
Cette élection municipale s’inscrit dans une dynamique plus large, alors que les partis préparent déjà les élections législatives de 2027. Le RN, en particulier, cherche à se présenter comme une alternative crédible, tout en évitant les excès qui ont pu lui nuire par le passé. Une approche qui rappelle les stratégies de normalisation adoptées par d’autres partis d’extrême droite en Europe.
Un enjeu local aux résonances nationales
Laure Lavalette incarne cette nouvelle génération du RN, cherchant à concilier radicalité et respectabilité. Mais derrière les sourires et les embrassades, c’est bien une bataille idéologique qui se joue, entre la défense d’un héritage contesté et la volonté de séduire un électorat plus large. Toulon, douzième ville de France, pourrait ainsi devenir un symbole des tensions politiques qui agitent le pays.