Une vente controversée sous le feu des critiques
La cession de LMB Aerospace, spécialiste français des ventilateurs pour avions de combat et sous-marins nucléaires, à des investisseurs américains, continue de susciter l'indignation. Fin janvier, le gouvernement avait donné son feu vert à cette transaction, malgré les risques pour la souveraineté industrielle française. Une commission d'enquête parlementaire se rendra lundi à Bercy pour exiger des éclaircissements.
Des questions sur les conditions de la vente
Aurélie Trouvé, députée LFI, mènera l'offensive pour obtenir les documents internes du ministère de l'Économie. Elle souhaite comprendre pourquoi l'État a autorisé cette vente, alors que LMB Aerospace fournit des équipements critiques pour les Rafale et les sous-marins nucléaires.
Les députés veulent notamment savoir quelles garanties ont été imposées par Bercy pour protéger les intérêts stratégiques français, et quels profits ont été réalisés par le fonds Tikehau, ancien propriétaire de l'entreprise.
Un contexte de tensions sur la souveraineté industrielle
Cette affaire s'inscrit dans un climat de méfiance croissante envers les investisseurs étrangers, notamment américains. Certains évoquent un manque de transparence dans les négociations, tandis que d'autres pointent du doigt le rôle des fonds spéculatifs.
« Il est inacceptable que des technologies sensibles soient cédées sans contrôle strict »,avait déclaré un proche du dossier.
Bercy et Tikehau dans le viseur
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, ainsi que le fonds Tikehau, seront auditionnés dans les prochaines semaines. Les députés veulent savoir si des concessions ont été faites pour faciliter la vente, et si les intérêts nationaux ont été suffisamment protégés.
Cette affaire pourrait relancer le débat sur la stratégie industrielle de la France, alors que le pays fait face à une concurrence accrue des États-Unis et de la Chine.