Un appel urgent aux familles pour enrayer la spirale de la violence
Alors que les incidents violents se multiplient dans les établissements scolaires, le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a adressé une lettre aux parents d'élèves pour les mobiliser contre ce fléau qui menace le vivre-ensemble. Dans ce texte, rendu public ce jeudi 12 février, le gouvernement reconnaît implicitement son incapacité à endiguer seul ce phénomène, tout en pointant du doigt les défaillances structurelles d'un système éducatif sous-financé.
Des actes d'une « gravité particulière »
Le ministre évoque notamment l'agression au couteau contre une enseignante à Sanary-sur-Mer, toujours dans un état critique. Cet épisode, parmi d'autres, illustre selon lui une banalisation inquiétante de la violence, qui prend aussi la forme de harcèlement scolaire touchant plus d'un élève par classe en moyenne. « Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs actes d'une particulière gravité », souligne-t-il, sans pour autant évoquer les mesures concrètes envisagées par l'exécutif.
Un « sursaut collectif » sous couvert de responsabilité parentale
Dans une rhétorique qui rappelle les discours sécuritaires de l'extrême droite, Edouard Geffray appelle les familles à une mobilisation sans précédent : « L'école fait beaucoup, mais elle ne peut pas tout. » Une formule qui, loin d'être anodine, reflète les limites assumées d'une politique éducative désinvestie depuis des années. Le ministre insiste sur la nécessité d'un dialogue régulier avec les enfants, tout en rappelant que « la loi garantit le respect dû aux personnels de l'Éducation nationale ». Une allusion voilée aux dérapages verbaux et physiques qui se multiplient dans les établissements.
Un constat qui interroge les choix politiques
Alors que les critiques contre la gestion gouvernementale de l'éducation s'intensifient, cette lettre s'inscrit dans un contexte de crise de l'autorité publique. Les syndicats dénoncent depuis des mois le manque de moyens alloués aux établissements, tandis que les enseignants alertent sur l'absence de politique préventive efficace. « On demande aux parents de faire le travail à la place de l'État », déplore un professeur du Var, interrogé par nos confrères.
La violence scolaire, symptôme d'une société fracturée
Au-delà des murs de l'école, cette crise révèle les tensions profondes d'une société française en proie à des fractures sociales et politiques. Les experts pointent du doigt l'influence des discours déresponsabilisants de l'extrême droite, qui a longtemps instrumentalisé le thème de l'insécurité scolaire. « Quand on entend des leaders politiques minimiser les violences ou les attribuer à des causes extérieures, cela ne peut qu'aggraver la situation », analyse un sociologue spécialiste de l'éducation.
Et maintenant ?
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur sa capacité à maîtriser la situation, les familles et les enseignants attendent des actes concrets. Entre les promesses non tenues et les mesures symboliques, le doute persiste quant à la volonté réelle de l'exécutif de saisir ce problème à bras-le-corps. Dans l'attente, c'est aux parents que l'on demande de colmater les brèches d'un système en perdition.