Agriculteurs en colère : Lecornu tente de désamorcer la crise avant un troisième hiver de révolte

Par Decrescendo 05/01/2026 à 06:20
Agriculteurs en colère : Lecornu tente de désamorcer la crise avant un troisième hiver de révolte

Agriculteurs en colère : Lecornu tente de désamorcer la crise avant un troisième hiver de révolte. Syndicats et gouvernement s'affrontent sur les mesures à prendre.

Un gouvernement sous pression face à la colère paysanne

Alors que les fêtes de fin d'année ont offert une trêve éphémère, les agriculteurs français se préparent à une nouvelle vague de mobilisations. Le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de calmer le jeu en recevant, dès ce lundi 5 janvier, les principaux syndicats agricoles. Une rencontre cruciale pour éviter un troisième hiver de tensions dans un secteur en pleine crise.

Un agenda chargé pour désamorcer la colère

Le chef du gouvernement a programmé une série de rendez-vous avec les représentants du monde agricole. Les Jeunes Agriculteurs (JA) seront les premiers reçus à 15 heures, suivis par la Coordination rurale (CR) à 18 heures. Mardi, ce sera au tour de la puissante FNSEA et de la Confédération paysanne de s'entretenir avec Lecornu.

Des crises multiples qui minent le secteur

Les agriculteurs font face à une accumulation de difficultés : l'épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) frappe durement les élevages bovins, tandis que les céréaliers subissent la baisse des cours du blé et la hausse des prix des engrais. S'ajoute à cela la menace d'une concurrence accrue des pays du Mercosur, dont l'accord de libre-échange avec l'UE devrait être signé le 12 janvier.

Dans le Sud-Ouest, particulièrement touché, la vaccination des bovins s'accélère, mais seulement 74,7 % du cheptel a été vacciné au 4 janvier. Trois nouveaux foyers de DNC ont été détectés en Ariège ces derniers jours, rappelant l'urgence de la situation.

Des promesses gouvernementales sous surveillance

Le gouvernement a annoncé qu'il dévoilerait « de nombreuses mesures » en faveur des agriculteurs « tout au long du mois de janvier ». Dans une lettre ouverte adressée aux agriculteurs, Lecornu reconnaît « un sentiment d'injustice profonde » et promet une « phase plus ferme, plus offensive » face aux défis du secteur.

« Depuis trop longtemps, un sentiment domine dans votre profession : celui d’une injustice profonde, celui d’une iniquité structurelle, celui d’un empilement de règles venues de loin qui, parfois, ont perdu leur bon sens. »

Le Premier ministre appelle notamment l'Union européenne à renforcer ses contrôles aux frontières pour les produits agricoles ne respectant pas les normes sanitaires européennes. Une mesure symbolique, mais qui pourrait marquer un tournant dans la relation entre Paris et Bruxelles.

Des syndicats sceptiques face aux annonces

Les syndicats agricoles jugent les promesses du gouvernement « insuffisantes ». La FNSEA, premier syndicat agricole, dénonce une « absence de vision mortifère » et réclame une « loi d'exception agricole » pour assouplir les réglementations. La Coordination rurale et la Confédération paysanne, en première ligne des manifestations, exigent une vaccination généralisée et l'arrêt des abattages massifs.

José Pérez, président de la CR47, avertit : « Si ça se passe mal, il faudra monter à Paris, en tracteurs, en voitures… ». Une menace qui rappelle les mobilisations spectaculaires de l'hiver dernier.

Un enjeu politique majeur pour le gouvernement

Alors que le président Emmanuel Macron tente de relancer son quinquennat, cette crise agricole pourrait devenir un test politique crucial. Les syndicats, divisés sur certains sujets mais unis dans leur opposition à l'accord UE-Mercosur, pourraient durcir leur position si les mesures annoncées ne répondent pas à leurs attentes.

Dans ce contexte, le gouvernement devra trouver un équilibre entre apaisement et fermeté, tout en naviguant entre les pressions européennes et les revendications des agriculteurs. Une tâche d'autant plus complexe que l'élection présidentielle de 2027 approche à grands pas.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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